‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au 15e siecleChapitre 72 sur 359 · BANQUE, POPULATION, ARSENAL · texte numérisé non relu

BANQUE, POPULATION, ARSENAL

idrairer cette profonde sagacité de l'oligarchie vénitienne omprenant, dès le treizième siècle, que l'importation de narchandises ou de matières premières, source assurée de louveaux bénéfices, était préférable à celle de l'or?

La prospérité de leur commerce devait naturellement uggérer aux Vénitiens l'idée d'un établissement destiné à implifier les opérations financières : telle fut l'origine de a banque qu'ils fondèrent au douzième siècle, devançant insi de près de trois cents ans celle qui fut plus tard établie i Gênes, sous le nom d'office de Saint-Georges. En 1246, le )ape Innocent IV déposait à la banque de Venise deux aille cinq cents marcs d'argent pour un bourgeois de Francort. On ne s'étonnera pas qu'au milieu de tant de sources le richesse, les finances de la république fussent dans un itat florissant. Un document remontant à l'année 1420 itablit que son revenu s'élevait à un million de ducats ^ ja population , déterminée par le cadastre , atteignait e chiffre de cent quatre-vingt-treize mille habitants^. jB seul arsenal de Venise occupait seize mille ouvriers et rente-six mille marins. Il y avait alors dans le Conseil

1 Le ilucat effectif, celui dont il s'agissait dans la langue adminisrative, représentait une valeur de quatre livres à quatre livres dix ois. Mais, on aurait, en se bornant à ce rapprochement, une idée fort nexacte de sa valeur au quinzième siècle. Ainsi, le conseil de Venise .yant fait, en 1429, don d'un palais, dans cette capitale, à Louis de Jonzague , ex-capitaine général de la république , le palais acheté à «tle occasion coûta six mille cinq cents ducats. Un autre palais, donné a même année au vaivode d'Albanie, coûta trois mille ducats. Il est lonc probable qu'avec six mille cinq cents ducats, on achetait à Velise, au quinzième siècle, un palais qui coûterait à Paris, au dixleuvième siècle, de six à sept cent mille francs. A ce compte, le revenu letd'un million de ducats que Venise avait alors représenterait environ lent millions de nos jours.

* D'après V Abrégé de géographie de Balbi, elle était, en 1833, réluile à cent quatre mille habitants.

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