‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 111 sur 327 · SÉCURITÉ DES ROUTES · texte numérisé non relu

SÉCURITÉ DES ROUTES

tout le temps qu'ils le serviraient. En même temps, il les tenait quittes des tailles, du guet, ainsi que de l'entretien des gens de guerre. Le nombre des paroisses étant évalué a seize mille, Charles VII disposait donc, indépendamment des neuf ou dix mille hommes des compagnies d'ordonnance, de seize mille francs-archers qui, au premier signal, devaient se rendre au poste indiqué. Relativement assez considérable, cette armée suffisait pour parer à un péril urgent et permettait, au besoin, d'attendre de nouvelles recrues. Enfin les compagnies d'ordonnance, ne se composant que de neuf à dix mille hommes, ne devaient pas être, en réalité, onéreuses aux populations, puisque des villes assez importantes, telles que Troyes, Châlons, Reims, Laon, n'avaient pas plus de vingt à trente gcus d'armes à entretenir.

Le plan de Charles VII réussit au delà de toutes les espérances. Un historien contemporain raconte qu'au bout de deux mois la sécurité fut plus grande dans tout le royaume qu'elle n'avait été depuis trente ans. « Si sembla, « dit-il, à plusieurs marchands, laboureurs et populaires « qui de longtemps avoient esté en grandes tribulations « et excessives afflictions, par le moyen des guerres, que « Dieu, nostre créateur, les eut pourveus de sa grâce et o miséricorde. Ensuite de quoy, de plusieurs endroits du « royaume, commencèrent les marchands de divers lieux a à traverser de pays à autre, à exercer leurs marchan- « dises et à faire leur négoce de commerce. Pareillement, a les laboureurs et autres gens du plat pays, qui avoient a esté de longtemps en grande désolation, s'efforçoient a de tout leur pouvoir à labourer et réédifier leurs maice sons et habitations, et avec cela à desfricher et es- « sarter leurs terres , vignes et jardinages très diîigem- « ment, et tant en cela continuèrent, avec l'ayde des sei-

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