‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 113 sur 327 · OPPOSITION CONTRE LES ARMÉES PERMANENTES · texte numérisé non relu

OPPOSITION CONTRE LES ARMÉES PERMANENTES

« gens résolus et d'une vie honneste; mist bois et fo- « retz, passages assurez, toutes voies segurcs, toutes « villes paisibles, toutes nations de son réaulme tran- « quilles1. ...»

On croira sans peine que ces réformes rencontrèrent des opposants et firent de nombreux mécontents. Sans parler de cette multitude de routiers habitués depuis si longtemps à vivre de pillage, elles réduisirent considérablement l'importance des seigneurs et des barons dont les services devinrent, par le fait, beaucoup moins nécessaires à la royauté. Enfin, l'entretien des compagnies d'ordonnance et des francs-archers ayant nécessité l'augmentation des tailles, bien des gens oublièrent les violences dont ils avaient tant souffert pour ne songer qu'à l'aggravation d'impôt, rendue indispensable par l'organisation de l'armée. Un prélat contemporain, l'évôque de Lisieux, se rendit l'organe de ces plaintes. A son avis, le système des armées permanentes était essentiellement favorable aux despotes et aux mauvais rois qui, toujours disposés à compter sur elles, peu soucieux de la justice, se croyaient dispensés de s'occuper du bonheur de leurs sujets, s'abandonnaient à tous leurs caprices et s'endormaient dans la débauche et la mollesse. Il ajoutait que les nombreuses armées étaient trèsonéreuses aux peuples, soit à cause des lourds impôts qu'il fallait lever pour les entretenir , soit par la charge des logements. Suivant lui, on aurait dû seulement désigner dans les paroisses, comme on l'avait pratiqué pour les francs-archers, le nombre des cavaliers ou de miliciens qu'on voulait avoir en réserve, les faire exercer une ou

1 Georges Chaslellain, extrait publié par M. J. Quicherat, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. IV, p. 76.

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