SCHISME PROLONGÉ
entre le pape et le concile; que c'était contrairement à ses instances que celui-ci s'était laissé entraîner jusqu'à déposer le pape ; que, tout bien considéré, il ne renonçait pas à l'obédience d'Eugène; qu'il le prierait d'assembler Tannée suivante, en France, un concile œcuménique pour éteindre un schisme si pernicieux à l'Église; qu'il conseillait aux pères de Baie et à monsieur de Savoie de songer sérieusemont à faire cesser les troubles de l'Eglise, et, pour cela, de s'abstenir de nouvelles excommunications; que le duc de Savoie étant son parent, il ne demandait pas mieux que d'en bien user envers lui, mais qu'il comptait sur sa prudence pour le rétablissement de la paix.
Cette paix si désirée et si nécessaire se fit attendre encore longtemps. En 1 447, le schisme durait depuis sept ans. Craignant que le mal ne devint irrémédiable s'il se prolongeait davantage, Charles VII envoya l'archevêque de Reims, l'évoque de Carcassonne, messire Robert Thibault, maître en théologie, et Jacques Cœur, tous membres de son conseil, en ambassade auprès de messieurs de Savoie pour les exhorter, disent les instructions données aux ambassadeurs français, « à se désister et départir du chemin qu'ils tenoient touchant « le fait du papal et à quérir moyens convenables pour eulx d mettre en bonne voye et obéissance envers Dieu et PÉ- «glise... » Un mémoire remis aux ambassadeurs portait que Charles VII adhérerait volontiers à la réunion d'un concile général dont il reconnaissait la nécessité « tant pour « la réformation de l'Eglise que pour faire ôter le scrupule « de tous ceux qui avoient diverses imaginations en ces « matières; que l'Église gallicane étoit très fort oppressée « pour les grandes extorsions et indues exactions des Ita- « liens et de la cour de Rome à rencontre d'iceulx de ladite « Église gallicane et aussi pour le mépris qu'ils faisoient