DIFFICULTÉS AVEC LA COUR DE ROME
« du Roy et de son autorité royale1. » Les ambassadeurs de Charles VII avaient pour mandat de soumettre à la maison de Savoie les propositions suivantes : Toutes les procédures faites par les deux partis l'un contre l'autre seraient considérées comme non avenues ; — Eugène IV serait reconnu comme le vrai pape; — En cédant le pontificat, Amédée obtiendrait le plus haut rang qu'on pourrait lui accorder dans l'Eglise, et ceux qui avaient embrassé son parti auraient part à l'accommodement par les dignités et les honneurs qui leur seraient conférés 2.
1/ambassade dont Jacques Cœur faisait partie remplit heureusement sa mission. À dater de cette époque, Amédée parut disposé à abandonner ses prétentions à la tiare. Mais, sur ces entrefaites, Eugène IV était mort et avait été remplacé par Nicolas V. Voulant frapper un grand coup, celui-ci déclara Amédée et ses adhérents déchus de leurs États et les donna à la France, qui n'eut garde d'accepter. Prévoyant, à ce début, que les difficultés viendraient désormais du nouveau pape, Charles VII lui envoya une ambassade composée de Juvénal des Ursins, archevêque de Reims, d'Élie de Pompadour, évôque d'Alet,de Gui Bernard, archidiacre de Tours, de Thomas de Courcelles, docteur en théologie, de Tanneguy-Duchatel et do Jacques Cœur.
Les ambassadeurs se mirent en route au mois d'avril 1 4 48, à l'exception de Tanneguy-Duchatel et de Jacques Cœur qui les rejoignirent au mois de juillet suivant. Ceux-ci partirent de Marseille avec onze barques ou navires chargés de vivres, et ravitaillèrent chemin faisant la ville et le eba-
« Legrand, Histoire de Louis JTf, Mss., t. VII. Pièce» justiacatlvea. » Le P. Daniel, Histoire de France, t. VII.