AMBASSADE A ROME
teau de Final qui tenaient toujours pour le roi. Charles VU espérait encore que le traité de 1444 concernant l'annexion de Gènes à la France finirait par recevoir son exécution, et il attachait le plus grand prix à la conservation de Final. Tanneguy-Duchatel et Jacques Cœur se dirigèrent ensuite, avec trois navires seulement, sur Civita-Vecchia. L'ambassade fit 3on entrée à Rome d'une manière solennelle et avec le plus grand éclat. Plus de trois cents chevaux richement caparaçonnés et harnachés figuraient daus le cortège. « Il n'y avoit pour lors homme vivant, a dit un « chroniqueur, qui oneques eust vu entrer à Rome si hono- « rable ambassade, ny en si grande magnificence, ny qui eust « ouy parler de pareille compagnie, ce qui tournoitau grand « honneur du Roy et de son royaume l. » Le 8 août 1448, Nicolas V écrivit à Charles VII que ceux-là mômes qui habitaient Rome depuis soixante ans ne se souvenaient pas d'avoir jamais vu une ambassade aussi nombreuse et composée d'hommes aussi illustres 2. Peu de jours après son arrivée à Rome, Jacques Cœur avait été atteint de la fièvre. Nicolas V le fit aussitôt transporter dans son palais de Saint- Pierre et donna des ordres pour qu'il y fût l'objet des soins
1 Jean Chartier, dans Godefroy, p. 131. — La chronique rimée du règne de Charles VU parle comme il suit de cette cérémonie :
« L'en ne vid entrée si pompeuse « Des François comme ccste-là, ■ Ne despcnce si oultrageuse • Comme l'en fist ça et delà.
(Ut Yigilles de Charles VII, par Martial d'Auvergne; année 1448.)
f « Mitit quippe ad nos Celsitudo tua legationem prielatomm ac o/too rum insignium et nobilium virorum omni e.r parte prxstantium , cum « adeo insigni et prxclaro comitatu, ut qui sexagenta annorum in ro- « mana curvi retinebant, nunquum tneminerint tant prtrclaram, tant in- « signent, tam numérotant legationem adventatte... » (Spicilegium, etc., t. 111, p. 7fi7.)