DÉCADENCE
dégénéré. « Ce sont, a dit un juge compétent, de hauts « combles d'ardoises que surmontent des fleurons en plomb « doré, des lucarnes encadrées de dentelles de pierre, des « escaliers extérieurs et couverts, des aiguilles festonnées, « des ornements courant à l'entour des fenêtres en plein « cintre et revêtant les murailles des tourelles, des devises « sculptées sur les faces de l'édilice. La maison de Jacques « Cœur avait peut-être donné le premier échantillon à la « France de ce gothique italianisé. Cet édifice présente déjà «dans ses toitures et ses lucarnes, ainsi que dans la tour « contenant l'escalier principal, quelques-uns des caractères « de l'architecture de transition, de cette architecture qui « cherchait à regagner dans la finesse et le cherché des défi tails ce qu'elle avait perdu en grandiose et en hardiesse1. » Un écrivain du dix-huitième siècle ne doute pas que la maison de Jacques Cœur n'ait été construite par un architecte italien ; « car, dit-il, ceux de France étaient encore «dans le goût gothique, et on l'avait déjà secoué en Italie*. »
Un des nombreux châteaux de l'argentier , celui de Saint-Fargeau, s'était augmenté, pendant le court espace de temps qu'il en fut le propriétaire, de diverses constructions, entre autres d'une porte remarquable par le luxe de l'ornementation, qui rappelle les détails de la maison de Bourges, et d'une grosse tour, qui porte encore le nom de Jacques Cœur *. Cependant, malgré ces symptômes de dé-
1 M. Dusomnierard, Les arts au moyen âge, t. Y, p. 3 et 18.
1 Le comte Octavîen de Guasco, Dissertations historiques, politiques et littéraires ; recherches sur l'état des lettres, des sciences et des arts en France, sous les règnes de Charles Vf et de Chartes Vil; Mémoire couronné, en 1746, par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. î, p. «3.
• M. Ghaillou des Barres, Les châteaux d'Ancy-lc Franc, de Saint-