ÉMAUX
avait payé son tribut à ce luxe. Sa vaisselle d'argent et de vermeil se composait de 887 pièces; celle d'or, garnie de pierreries fines, de 292 pièces. Au nombre des principaux objets composant ce trésor figurait une grande nef d'or pesant 428 onces. Soutenue par six lions, elle portait un ange à chacune de ses extrémités. Une autre nef, également en or et pesant 125 onces, avait été donnée par la ville de Paris à Charles V. Enfin, de belles lampes d'argent ornaient la bibliothèque ou librairie que ce prince, à jamais illustre, avait le premier réunie au Louvre1. Après Charles V, les ducs de lierri, d'Orléans et de Bourgogne rivalisèrent de magniGcence. Charles VII marcha sur leurs traces, et, malgré la pénurie des temps, fit exécuter pour Agnès Sorel de nombreux bijoux qu'il racheta quand elle mourut. Seuls, les émaux dont la fabrication avait, au treizième siècle, illustré Limoges, étaient en décadence au quinzième; mais ce déclin ne devait pas être de longue durée, et le temps n'était pas loin où plusieurs orfèvres de la même ville, les Pénicaud, les Raymond, les Courtois, fondèrent ces dynasties d'artistes qui, grâce aux traditions de la famille et à une émulation
incessante, portèrent la merveilleuse industrie des émaux à un degré de perfection auparavant inconnu dont ils ont emporté le secret2.
Comme l'architecture ogivale, dont elle était une dépendance essentielle, la peinture sur verre avait également atteint son apogée au treizième siècle. Les cathédrales de Bourges, de Chartres, de Rouen, de Chalons-sur-Marne , de Strasbourg, ont heureusement conservé de cette grande époque de l'art chrétien des vitraux admirables, des roses
1 M. F. Bourquelol, toc. cit., col« 2,230. 1 H. de Laborde, Notice, etc. , passim
PEINTURK SUR VERRli