DRAMES PROFANES
D'avoir donjon, palais puissans.
Est-il liesse plus chérie Que de regarder ces beaux champs, Et ces doux agnelets paissans, Saultantà la belle prairie?
Le succès de Grisclidis, drame tiré d'un conte de Boccace, n'avait rien ôté de leur vogue aux sujets empruntés à l'histoire de la religion. La Renaissance approchait quand Jacques Milet de Paris, écrivit, sur La desù'uctton de Troye la Grande, un drame profane qui ne comptait pas moins de quarante mille vers. La représentation de ces grandes machines durait sans doute près d'une semaine. On peut se figurer leur valeur littéraire. « Ce môme défaut de génie, cette grossièreté que rien ne rachète, cette froideur dans l'absurdité, qui déparent les Mystères, a-t-on dit avec raison, s'attachent au surplus à tous les autres drames sérieux de la même époque ï. »
1 M. Villemaln, loc. cit., p. 267. — M. Vtllemain constate que l'esprit national, l'esprit gaulois, était bien plus a son aise dans les Sotties et les Moralités que jouaient les confrères de la Basoche. Il cite à ce sujet La farce de maistre Pierre Palhclin, que M. Génin attribue à Antoine de La Salle (Voir Y Illustration du 10 décembre 1852), et une moralité de la môme époque intitulée Y Ancien monde. Hicn n'est plus piquant que l'analyse faite en quelques lignes, par M. Villeinain, de cette dernière comédie. « l'Ancien Monde, qui ouvre la scène, dit M. Villemaln, se plaint d'aller furt mal. « C'est grand'pitié que ce « pauvre monde, » dit-il. — Survient un personnage allégorique, qui n'est pas moins très-vivant, très-réel, et se rencontre partout. Ce personnage s'appelle Abus. 11 endort Vieux-Monde, et lui promet de tout arranger : « Il ne faut pas, lui dit-il, tant vous tourmenter; prenez vos « aises, dormez; je me charge de tout. » Le Y'wur-Monde se met à sommeiller; et Abus, resté maître du terrain, appelle ses acteurs. Il frappe à différents arbres, et l'on en voit sortir Sot-Dissolu, babillé en homme d'église; Sot-Glorieux, habillé en gendarme; Sot-Fripon, avec une robe de procureur Avec ce cortège, Abus commence par tondre