‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 200 sur 327 · I2 BALLADE ALLÉGORIQUE · texte numérisé non relu

I2 BALLADE ALLÉGORIQUE

On a déjà pu juger, par quelques extraits, de l'état de la poésie au quatorzième siècle, et l'on a vu aussi quels étaient les sentiments qu'elle exprimait avec le plus de bonheur. Soit que l'esprit national s'accommodât mieux de la satire, soit qu'elle fût la conséquenre de l'état de la société et du malheur des temps, elle occupe une grande place dans la littérature du moyen Age. Un poêle entre autres, Eustache Deschamps, bailli de Senlis, qui fut maître d'hôtel de Louis d'Orléans, et vécut à la cour jusqu'en 1422, époque de sa mort *, composa, sous Charles VI, de nombreuses poésies dans lesquelles brille un sentiment profond et énergique des misères de la patrie. Une de ses ballades est principalement remarquable. Elle est dirigée contre les seigneurs qui pressuraient le peuple. I/allôgorie en est, on va le voir, des plus transparentes. On trouverait difficilement une satire plus violente et plus amère des exactions dont la population des campagnes avait à souffrir. EnOn, les doubles fonctions dont Eustache Deschamps était revêtu donnent à sa ballade un caractère plus significatif :

et dépouiller le Vieu t-Xomh endormi. Puis, Il en crée un nouveau, qui va plus mal encore que l'ancien, et qui tombe dan» l'abîme. »

On volt par là quelles licences se donnaient les auteurs dramatiques du quiniteme siècle. Le clergé, l'armée, la magistrature étaient l'objet de leurs allaques. Le roi lui-même n'y échappait pas. En effet, un des personnages d'.l m ien-M onde disait :

• Libéralité interduc

Est aui nobles par itarice :

- Le ehef même y est propice. •

a Mais, fait observer M. Villeuiain, ce roi était Louis XII ; et, loin de se fâcher de l'épigramme, il dil : « J'aime mieux les faire rire par m mon avarice, que si me» dépenses les faisaient pleurer. » [Cours de littérature, t. Il, p. 269 et suiv.)

> Iouit ctClwrle* d'Orléans, etc., par M Aimé Champollion Figeac, lri partie, p. 1»8.

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