‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 204 sur 327 · DE CHARLES D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

DE CHARLES D'ORLÉANS

« Le Temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluye, El s'est vestu de broderie De soleil luisant, clair et beau.

« Il n'y a beste, ni oyseau Qu'en son jargon ne chante ou crie : Le Temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluye.

«• Rivière, fontaine et ruisseau Portent en livrée jolie Gouttes d'argent d'orfavreric ; Chascun s'habille de nouveau :

Le Temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluye. »>

Le véritable poète du quinzième siècle et du moyen âge est François Villon, le chantre inspiré des Neiges dAntan. Né en 1431 de parents sans fortune, livré de bonne heure à lui-même, entraîné fatalement dans le désordre, Villon y marcha à si grands pas, qu'il devint en peu de temps escroc, voleur, et n'échappa au gibet que par suite du résultat inattendu d'un appel en parlement. Mais quels que fussent les excès où de mauvais compagnons, la misère et la faim le jetaient, Villon resta toujours ce qu'il était, un grand poète. Sous les verrous, en face de la mort, il fit des vers d'une beauté vraiment originale par la pensée et par l'expression, mélancoliques et railleurs, mais d'une mélancolie et d'une raillerie profondes. Cet homme, que de funestes exemples avaient perverti, raconta dans le langage le plus touchant, le plus élevé, la misère de sa famille, les torts de ses jeunes années, les fautes de sa vie.

» Pauvre je suis, dès ma jeunesse.

De pauvre et de petite extrace,

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