POÉSIES DIVERSES
Mon père n'eut oncq'grant richesse, Ne son ayeul nommé lira ce.
Pauvreté tous nous suyt et trace.
Sur les tombeaulx de mes ancestres (Les ames desquels Dieu embrasse) On ne voit couronnes no sceptres...
« Hé Dieul si j'eusse estudié, Au temps de ma jeunesse folle, Et à bonnes mœurs dédié, J'eusse maison et couche molle.
Mais quoy? Je fuyois Pescolo, Comme fait le mauvais enfant.
Kn cscrivant ceste parole, A pou que le cueur ne me fend...
« Où sont les gracieux gallans...
Que je suivoye au temps jadis, Si bien chantans, si bien parlans, Si plaisans en faitz et en dicts?
Les aucuns sont morts et roiditz, D'eulx n'est-il plus rien maintenant; Repos ayent en Paradis, Et Dieu saulve le remenant. ..
c Et les aucuns sont devenus
Dieu merci, grands seigneurs et maislre
Les autres mendient tout nuds
Et pain ne voyent qu'aux fenestres...
...Mais aux pauvres qui n'ont de quoy,
Comme moy? Dieu doint patience...
« ...Si Dieu m'eust donné rencontrer Ung autre piteux Alexandre Qui m'eust faict en bon heur entrer, Et puis qu'il m'eust vu condescendre A mal ; estre ars et mis en cendroT Jugé me fusse de ma voix.
Nécessité fait gens mesprendre, Et faim saillir le loup des bois.