‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 206 sur 327 · DE FRANÇOIS VILLON · texte numérisé non relu

DE FRANÇOIS VILLON

« ...Mon père est mort, Dieu en ayt l'ame ! Quant est du corps, il gist soubz lame {la pierre) ; J'entends que ma mère mourra, Et le scait bien la pauvre femme, Et le fils pas ne demourra.

« Quiconque meurt, meurt à douleur;

Celuy qui perd vent et haleine

Son fiel se crève sur son cœur;

Puis sent, Dieu scait quelle sueur t

Et n'est qui de ses maux l'allège ;

Car enfans n'a, frère ni sœur

Qui lors voulsist estre son pleige (sa caution).

« La mort le fait frémir, pallir, Le nez courber, les veines tendre, Le col enfler, la chair mollir, Joinctes et nerfs croistre et es tendre. Corps féminin, qui tant es tendre, Polli, souef et gracieux, Te faudra-t-il ces maux attendre?

Oui; ou tout vif aller ès cieulx...

« ...Quand je considère ces testes Entassées en ces charniers, Tous furent maistres des requesles, Ou tous de la chambre aux deniers, Ou tous furent porte-paniers.

Autant puis l'un que l'autre dire :

Car d'évêques ou lanterniers, Je n'y cognois rien à redire.

« Et icelles qui s'inclinoient Unes contre autres en leurs vies, Desquelles les unes régnoient Des autres craintes et servies.

Là les vois toutes assouvies Ensemble en un tas pôle-mcle, Seigneuries leur sont ravies :

Clerc ou maistres ne s'y appelle... »

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