‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 213 sur 327 · JACQUES COEUR EN · texte numérisé non relu

JACQUES COEUR EN

du cap Vert , des Canaries , des Açores , de Madère , de la Guinée, prélude d'autres découvertes plus importantes , enflammaient les imaginations et ouvraient de tous côtés aux esprits clairvoyants des horizons nouveaux.

Au moment où nous nous sommes arrêtés, c'est-à-dire en 4451, Jacques Cœur, à peine âgé de cinquante ans, semblait arrivé au plus haut degré de fortune que l'ambition puisse rêver. Nommé plusieurs fois ambassadeur, favorisé (il le croyait du moins) de toute la confiance du roi à qui il prêtait de l'argent pour reconquérir son royaume, possesseur de nombreux châteaux et de terres immenses, absorbant à lui seul presque tout le commerce intérieur et extérieur, rivalisant, par son trafic dans la Méditerranée, avec les Génois et les Catalans, une seule gloire semblait lui manquer, c'était d'avoir, comme les Dieppois et les Portugais, découvert dans l'Océan quelque terre nouvelle et agrandi la domination de la France. Qui sait si cet esprit infatigable et toujours à la recherche des vastes entreprises ne méditait pas quelque expédition dans les mers lointaines? Qui peut dire les églises et les châteaux qu'il aurait encore fait construire, les talents de toute sorte qu'il aurait fécondés?

Mais, ni ces projets, ni ces espérances ne devaient se réaliser. Des bruits, des dénonciations de mauvais augure auraient dû avertir Jacques Cœur que les jours de sa prospérité touchaient à leur terme. Peu à peu ses ennemis avaient circonvenu l'ingrat Charles VII, et les choses en étaient arrivées à ce point, qu'on ne cherchait plus qu'un prétexte, quelque absurde qu'il fût, pour le perdre. Ce prétexte, cela va sans dire, ne fut pas difficile à trouver.

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