COURT DÉLAI POUR LA DÉFENSE
l'invitèrent à faire connaître ceux de ses gens avec lesquels il serait aise de s'aboucher. En même temps, ils lui en désignèrent deux, Jean Thierry et Pierre Jobert, qu'il pourrait entretenir, s'il le désirait. Jacques Cœur fit observer que ni Jean Thierry ni Pierre Jobert ne se connaissaient en matière de finance, et il demanda, sauf le bon plaisir du roi, à se concerter avec i'évèque d'Agde, « n'y ayant homme au monde qui mieux le conseillast des dittes choses. » Cette permission lui fut refusée, ainsi que celle de voir Guillaume de Varye, son principal agent, et l'archevêque de Bourges, son fils. Force lui fut donc de s'entendre pour sa défense avec les hommes qu'on lui proposait. On lui permit, à la vérité, d'écrire à deux de ses facteurs, à son fils l'archevêque et à l'évéque d'Agde, à la condition qu'une copie de ses lettres serait déposée entre les mains des commissaires. Enfin, deux mois lui furent accordés pour préparer sa défense 1.
Un si court délai était évidemment insuffisant, car il fallait que Jean (Thierry et Pierre Jobert allassent en Languedoc pour y rechercher diverses pièces que Jacques Cœur avait à produire pour sa justification , et dont la plupart ne furent pas retrouvées, bien qu'elles existassent réellement. Ils avaient aussi demandé à entendre quelques témoins, ce qui leur fut refusé. Les deux mois expirés, on s'aperçut que l'instruction de l'affaire n'était pas encore complète. Sur ces entrefaites, Jacques Cœur fut transféré à Tours et enfermé au château de la ville ; c'était la quatrième fois qu'il changeait de prison. Le 13 janvier 1453, Charles VII nomma une nouvelle commission pour l'interroger et termi-
1 Procès , etc., p. 453 à 526. — Interrogatoires faits A Jacques Cuer, et ses réponses au comte de Dammariin.