AMENDE HONORABLE DE JACQUES COEUR
vouldroient procéder contre le dict Jacques Cuer et le contraindre à faire amende honorable ou autre exécution, de quoy pourrait estre infamé, nous en appelions au Roy, nostre souverain seigneur, bien conseillé, ou autres à qui il appartiendra. » Le délégué demanda en môme temps que le Conseil voulût bien surseoir à procéder contre Jacques Cceur jusqu'à ce qu'on eût des nouvelles du roi à qui l'évéque de Poitiers avait écrit l.
Protestations et suppliques eurent le même sort. L'arrêt de condamnation reçut son exécution séanco tenante, et Jacques Cœur subit la peine iufamante que sa famille désirait surtout lui épargner. C'était le 5 juin 1453. Les commissaires qui avaient prouoncé le sentence étaient rassemblés dans la salle du prétoire de Poitiers. On ouvrit les portes au public accouru en foule. Le procureur général du roi ordonna qu'on amenât Jacques Cœur. Il était nue to/r, sans chaperon, ni ceinture*. On lui mit entre les mains une torche de cire pesant dix livres et on le fit mettre à genoux Dans cette posture , il confessa , aux termes de l'arrêt : « Qu'il avoit mauvaiseraent, induement et contre raison, envoyé et faict présenter barnois et armes au soldan, ennemy de la foy chrestienne et du Roy, faict rendre aux Sarrazins un esclave chrestien, faict mener et transporter aux dicts Sarrazins grande quantité d'argent blanc, et aussy transporté et faict transporter grande quantité de billon d'or et d'argent hors ce royaume contro les ordonnances
» Procès de Jacques Cœur, etc., p. M 3 à 595; pièce InUtulée : Hévision du procès demandée par Jean Cuer, archevêque de Bourges, prétendant son père eitre clerc.
* Voir, dans les OEuvres d'Eslienne Pasquier, Amsterdam, in-folio, liv. III, p. 69, une lettre sur l'iniquité du procès de Jacques Cœur, ftt des observations au sujet de la disposition concernant ta teinture.
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