CHATEAU DE MEHUN-SU R-YEVHE
l'un des plus beaux de la province et du royaume. Les pierres employées u sa construction étaient d'une blancheur presque égale à celle du marbre1 Du plateau oii il était bâti et où conduisait uue pente insensible , la vue dominait, de tous les côtés de l'horizon, un pays d'une remarquable fertilité. Au pied même de ce plateau, au midi, passe la rivière d'Yèvre arrosant dans son cours de grasses prairies qui se déroulaient au loin, coupées de distance en distance par des rideaux de peupliers. Vu des tours du château, par une belle soirée, ce paysage devait paraître admirable. L'une de ces tours, celle du nord, avait une hauteur prodigieuse, et sa plateforme, d'une circonférence considérable, était surmontée d'un belvédère percé de longues fenêtres en ogives couronnées de sculptures délicates. De là, l'œil pouvait découvrir un horizon immense : d'un côté, c'était Vierzou où l'Yèvre et le Cher se mêlent au milieu des vignes et des vergers. En se rapprochant de Mebun, les communes de la Chapelle -Sain t-Ursin, de Eoëcy, de Marmagne, de Saint- Laurent, se trahissaient, au milieu des arbres, par la flèche hardie de leurs clochers. Bâtie au-dessus de la porte d'entrée du château de Mebun, la chapelle du roi était remarquable par l'élégance et la richesse de ses sculptures, œuvre des plus habiles ouvriers du temps. Elle était adossée à la tour du nord. D'autres tours avaient aussi leur nom particulier; c'étaient la tour du Cabinet de la Heine, la tour de l'Observatoire^ la tour des Princes; ces deux dernières reliées par un corps de bâtiment dont un des étages portait le nom de Salle du Conseil. Sur le même
1 L'abbé Expilly, Dictionnaire géographique ci historique, t. IV, Mchun-$ur-Yèvre. — Malgré leur vétusté , len ruines du chatedit de Mehun présentent encore le même aspect.