‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 8 sur 327 · ÉTAT DE LA VALEUR DE LA MONNAIE EN FRANCE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA VALEUR DE LA MONNAIE EN FRANCE

Dans 24 époques différentes de temps, depuis Charlemagne jusqu'à

présent.

« La livre d'or doit sa première institution et ses divisions à Charlemagne. Ce fut lui qui, d'abord, ordonna qu'une livre pesant d'argent serait coupée en 20 pièces appelées sols et chacun de ces sols en 12 autres pièces appelées deniers. Ainsi, sous Charlemagne, la livre était donc réellement une livre pesant d'argent, c'est-à-dire une livre romaine de 12 onces * qui fait environ 10 onces deux tiers de Paris. Mais, depuis, la livre, au lieu d'une pesanteur réelle, est devenue simplement une valeur nominale et numéraire. Sa valeur a diminué considérablement, de sorte qu'une livre pesant d'argent contenait ensuite beaucoup de ces livres nominales ou numéraires. La variation et le décroissement progressif de la valeur d'une livre actuelle, argent de France, et des différentes livres des siècles passés, sont expliqués dans le tableau suivant 8 : »

1 Numéro de mars 1760, p. 135.

* C'était, on le «ait, l'opinion de Le Blanc, dont le Traité sur les monnoies a fait longtemps autorité. Dans un savant mémoire dont je parlerai plus loin, Guérard a démontré que la livre de Charlemagne était de 13 onces un tiers, poids de marc, soit 7,C80 grains.

* Les renseignements qui font l'objet des deux dernières colonnes de ce tableau ne sont pas dans le Journal (économique. Je les puise dans le Dictionnaire historique des monnoies, in-4°, Lyon, 1784, p. 53. — On trouve également dans ce dictionnaire un tableau fort ingénlcui , mais trop grand pour être reproduit ici , et qui fait connaître, au premier coup d'œil, quels étaient, sous chaque règne, les résultats de la variation des monnaies françaises, comparativement aux règnes précédents ou subséquents. Il est inutile de faire observer que la co-

Page 1