LES PREMIÈRES HIRONDELLES
Trois mois et demi se sont écoulés et les beaux jours sont revenus. Une brise tiède, dont l'haleine vivifiante est embaumée de senteurs printannières, agite doucement les flots limpides du lac de Saint-Révérien, et épanche sur les riantes collines qu'ils reflètent la neige éblouissante et parfumée des cerisiers en fleurs. La pervenche étoile les taillis; la violette parfume les haies: la pâquerette scintille sur le talus verdoyant des fossés. Dans les bois, les bourgeons éclatent en feuilles, et les feuilles s'allongent en rameaux ; dans la plaine les jeunes blés ondoyenl au souffle de la brise ; partout la vie jaillit ou circule, là avec explosion, ici avec mystère. Chaque son est un chant, chaque écho une harmonie, le sol nu lui-même exhale des parfums. On dirait que la nature, tout-à-la-fois rayonnante et recueillie, sourit à la parure annuelle qu'elle vient do revêtir, cl salue avec une joie amoureuse le réveil splendide de son éternelle et toujours radieuse jeunesse.
192 JACQUES DE BRANCIUN.
C'est le soir ; l'horloge du village vient de sonner lentement sept heures et tinte aussitôt l'angelus. Les douces lueurs d'un crépuscule d'une admirable transparence éclairent poétiquement la contrée, et déjà quelques étoiles, sentinelles avancées de la nuit, resplendissent sur la voûte d'azur des cieux.
En ce moment un homme à cheval côtoie les bords du lac, dans la partie qui avoisine les rochers, au sommet desquels s'élèvent, toujours majestueuses, les gigantesques ruines du château de Saint-Révéricn.
Cet homme est Denis, qui a été nommé depuis quelques semaines aux fonctions de garde des bois confisqués par la république sur le comte de Brandon, émigré.
Denis avait obtenu cette place malgré les intrigues de Brulard qui la sollicitait pour une de ses créatures, et il ne s'était décidé à l'accepter qu'après avoir consulté son ami Vivant et la vieille femme de charge, avec lesquels il vivait dans une harmonie que rien n'était venu troubler depuis le jour où nous les avons vus réconciliés.
Denis chemine au petit trot, en sifflant une fanfare qui lui rappelle le beau temps où. la trompe sur l'épaule et le couteau de chasse sur la hanche, il voyait marcher sous son fouet une des plus vaillantes meutes du royaume.
Arrivé à l'endroit du lac d'où il pouvait également et à son gré se diriger vers le village ou monter au château, il se détermina pour ce dernier parti, et il s'engagea dans le sentier tracé au milieu des rochers.
Ce sentier, bien différent de ce qu'il était quelques mois auparavant, lorsque Vivant l'avait parcouru pour aller affronter l'indignation de la fidèle femme de charge, attestait, dès le premier abord, les efforts persévérants d'une main intelligente et laborieuse. Débarrassé des ronces , des ruines et des quartiers de rocs qui l'obstruaient à l'époque dont nous venons de parler, il offrait un libre passage au cavalier comme au piéton. En le parcourant, l'œil du passant remarquait avec satisfaction qu'aucune trace d'abandon ou même de simple négligence n'existait aux alentours. De jeunes plantations, déjà verdoyantes, s'élevaient partout où la nature du sol avait raisonnablement permis de creuser la terre; les pentes avaient été adoucies avec art en plusieurs endroits, et dans quelques places. , jadis envahies par le buis et le serpolet des montagnes, des carrés de sainfoin naissant témoignaient d'heureuses tentatives de culture, ce qui n'avait pas été essayé, même à l'époque de la plus grande prospérité des anciens seigneurs du pays, trop riches pour songer à tirer parti de ces moindres accidents du terrain , que les habitants des campagnes savent si bien mettre à profit.
Il ne fallut que quelques minutes à Denis, pour franchir la distance qui sépare le lac-du château.
Il se dirigea à travers les cours désertes et les bâtiments en ruines et abandonnés du côté de la tour du Commandeur. Là, il mit pied à terre, attacha son cheval Bijou à un anneau de fer scellé depuis des siècles dans la muraille, et monta avec une légèreté juvénile l'escalier que nous connaissons.
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Au bruit de ses pas, la porte du premier étage s'ouvrit discrètement, et Vivant parut, une lampe à la main.
Les deux amis se serrèrent la main avec une rustique cordialité; puis, Denis entra dans le logis de Vivant.
— Eh bien! qu'avez-vous appris? — - demanda ce dernier d'une voix qui trahissait les anxiétés d'une longue et pénible attente.
— Rien de fâcheux, mon garçon; au contraire.
— Madame de Viéville. .
— Madame de Viéville , s'est fait un peu tirer l'oreille : les vieilles femmes qui n'ont jamais eu d'enfants sont tenaces comme les biches bréhaignes (1) ; mais . enfin, elle renonce pour le moment à vous intenter un procès, et c'était là l'essentiel.
- A-t-elle appris quelque chose de nouveau!- reprit Vivant, d'une voix plus calme.
— Rien absolument, et elle m'a avoué que quoiqu'elle ne crût pas possible que les enfants de son neveu fussent encore vivants, elle n'avait cependant aucune certitude de leur mort. Elle a ajouté qu'elle faisait faire des recherches en Allemagne et en Pologne, et elle m'a chargé de vous remercier tous les deux des soins que vous donnez aux débris de la fortune de ses pères : ce sont ses propres paroLs que je te rapporte là. Nous autres chasseurs i.ous ne mentons jamais que quand la vérité est inutile.
— Dieu soit loué! — dit Vivant, du ton d'un homme
(1) Dicliea qui n'ont jamais porté'
qu'on allège d'une lourde et poignante inquiétude. — Je pourrai donc travailler encore avec courage , puisque tout espoir n'est pas perdu sans retour ! Maintenant , qu'y a-t-il de vrai relativement à monsieur le comte?
— Pour ce qui est de monsieur le comte , mon pauvre garçon , il n'y a malheureusement plus de doute à avoir. J'ai tenu dans mes mains et j'ai lu de mes yeux l'extrait certifié de son acte mortuaire. Il a été tué en Allemagne au mois de mars 1797.
— Six ans ! Denis , c'est affreux de penser ce que tes pauvres enfants ont pu devenir pendant ce temps-là... Six ans !!!
— Vois-tu, mon garçon, s'ils se sont tirés d'affaire les trois premiers mois , il n'y a pas de raison pour que cela n'ait pas duré jusqu'à aujourd'hui. C'est comme un chevreuil chassé; quand il a tenu quatre heures, on peut parier cent contre un qu'il en réchappera. J'ai vu ça , plus de mille fois dans ma vie.
— Je ne demande qu'à le voir une. — répondit Vivant; — mais enfin,— ajouta-t-il. comme s'il voulait donner un autre cours à ses pensées, — pourquoi madame de Viéville nous a-t-elle fait écrire , par son avoué de Chaumont, cette lettre qui nous a mis la mort dans l'âme?
— Je vas te conter ça au plus juste , car à force de la retourner de toutes les manières , j'ai fini par hrembucher dans son dernier fort. C'est encore ce misérable Brulard qui l'a poussée à cette démarche , en lui faisant savoir par-dessous main, que si elle ne poursuivait pas , dès à présent , elle aurait beaucoup plus de
peine à se mettre en possession plus lard , si elle avait la preuve authentique qu'elle est décidément héritière de son neveu. Elle ne m'a pas nommé Brulard ; mais son homme de confiance , tu sais bien ce grand imbécile qu'on m'a envoyé cet hiver, le soir de ton arrivée, m'a montré des lettres de cet infâme drôle , qui ne laissent aucun doute sur la part qu'il a prise à cette dernière tracasserie.
— Cet homme me fera devenir fou ! — dit Vivant , d'une voix que la colère rendait à peine intelligible — Ah ! si je n'avais pas promis à mon pauvre maître...
— Baht il joue de son reste comme un vieux renard sur ses fins. Tout le monde le connaît et chacun le méprise ; de plus , pour l'achever, j'ai appris à Chaumont qu'il était destitué de ses fonctions de maire. Le piéton de la préfecture lui en apportera la nouvelle à sa première tournée ; mais tu peux regarder dès à présent la chose comme faite. C'est sa dernière dent qu'on lui arrache : s'il veut encore mordre, il sera obligé d'acheter un chien méchant et de lui passer procuration. Dieu'de Dieu ! va-t-il être vexé ! J'en riais tout seul sur Bijou le long du chemin. Lu: qui dit toujours : le ci-devant ci, le ci-devant ça , on pourra lui dire aussi le ci-devant maire : la première fois que je le rencontrerai je n'y manquerai pas.
Et Denis se frotta les mains en arrêtant sur Vivant ses petits yeux vifs et railleurs qui etincelaienl d'une joie maligne.
— La justice de Dieu commencerait-elle enfin?
-murmura à voix basse Vivant, comme s'il se parlait à lui-môme.
— Ma foi, je le crois! — reprit Denis avec sa jovialité habituelle — car je vais t'apprendre une petite affaire qui n'est pas indifférente du tout.
— Aht parlez vite, mon brave Denis! j'ai besoin de savoir de bonnes nouvelles. Ces six années passées depuis la mort de Monsieur le comte me pèsent toujours sur le cœur.
— Tu sauras donc, mon garçon, que notre gardegénéral, que je suis allé voir en passant à Arc, m'a annoncé que par suite d'une décision de l'administration supérieure des eaux et forêts de la haute-Marne, tous les bois de la ci-devant seigneurie de Saint-Révérien, confisqués sur nos pauvres maîtres, seront mis en haute futaie...
— Eh bien! qu'est-ce que ça peut nous faire? — interrompit Vivant avec un mélange d'indifférence et d'étonnement.
— Ce que ça peut nous faire, morbleu? cela signifie qu'on n'y coupera pas seulement de quoi faire une baguette de fusil ou un lien de gerbes, de sorte que si ces chers enfants reviennent un jour, et qu'on leur rende leurs bois, ils se trouveront plus riches qu'auparavant ; et, comme c'est moi qui les garde, tu peux être sûr qu'il n'y manquera pas la valeur d'un curedent, quand je devrais les parcourir du matin au soir et du soir au matin, jusqu'à ce que Bijou ait les sabots usés au niveau du paturon. Je te charge de le dire à madame Adrienne.
— Elle le saura demain, papa Denis; mais, vous, savez-vous ce qu'elle fera? elle secouera la tête et elle répondra avec un gémissement : à quoi bon? Depuis quelques jours elle esl plus sombre que jamais,et il y a des moments où ça me gagne aussi.
— Allons, allons, du courage, mon garçon, — répondit Denis en se levant pour s'en aller. — Nous nous reverrons avant peu , et s'il y a du nouveau , je te le ferai savoir.
Le lendemain de bonne heure , la vieille Adrienne vint trouver Vivant qui surveillait au dehors une demidouzaine d'ouvriers occupés à déblayer les cours du château : c'était sa besogne de tous les jours depuis trois mois.
Vivant lui répéta fidèlement ce que Denis lui avait appris la veille, et, comme il s'y attendait, la pauvre femme de charge ne vit qu'une chose dans tout ce qu'il lui contait , c'est que le comte étant mort depuis six ans, le retour de M. Jacques et de la petite Hélène était moins probable que jamais.
Elle en dit tant sur ce sujet, que Vivant, d'habitude si confiant en l'avenir, sentit l'espérance défaillir dans son cœur.
Triste, découragé, la vue de ses ouvriers qui travaillaient avec ardeur augmenta son malaise moral , et comme Adiknne retournait à la tour du Commandeur, il la suivit en licence , cherchant en son esprit une so-
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lution consolante aux doutes qui l'obsédaient avec ténacité pour la première fois.
Ils arrivèrent, sans échanger une parole, jusqu'à une petite esplanade, sorte de promontoire aérien qui s'avançait dans le vide à l'endroit le plus escarpé des rochers de Saint-Révérien. Une balustrade en pierre, à hauteur d'appui, la fermait du côté où il eût été dangereux de la laisser ouverte, et offrait un moyen de repos aux personnes que la promenade amenait dans cette direction. Ce lieu, que la dernière comtesse de Brandon affectionnait particulièrement, était devenu un but de pèlerinage journalier pour les deux fidèles serviteurs, et, soit avec intention, soit machinalement, ils y venaient ensemble ou séparément plusieurs fois par jour.
La vue qu'on avait de te point élevé était délicieuse. Elle s'arrêtait d'abord sur le lac et sur les collines environnantes; puis elle se prolongeait jusqu'au village, piltoresquement groupé sur la rive opposée, et, enfin, elle avait pour perspective lointaine la route d'Arc qui se dessinait en courbes gracieuses dans une vaste et riante prairie, parsemée çà et là de groupes de saules et de peupliers.
Jamais un soleil plus pur et plus doux n'avait éclairé ce calme et poétique paysage. La population répandue dans les champs l'animait de ce mouvement paisible de la campagne qui a tant de charmes; le printemps le parait de sa grâce, de sa jeunesse et de ses espérances. Les bois envoyaient des chants, l'air apportait des parfums . et sur le lac , en ce moment uni comme un mi-
roir , les premières hirondelles se poursuivaient en poussant le cri joyeux du retour.
Une de ces hirondelles, après avoir, à plusieurs reprises, effleuré l'onde du bout de son bec d'ébène et de l'extrémité de ses ailes chatoyantes, monta rapidement dans l'espace, se laissa emporter pendant plusieurs secondes par la brise, et, passant à deux ou trois pieds au-dessus de la tête d'Adriennc et de Vivant, vint s'appuyer contre une des fenêtres de la tour du Commandeur, à une demi-portée de pistolet de la petite esplanade.
Un nid abandonné depuis l'année précédente était collé dans l'angle de cette fenêtre.
L'hirondelle repartit en chantant. Elle fit encore une excursion rapide dans l'espace, rasa le sol en redescendant, et s'élevant d'un seul coup d'ailes, alla se reposer dans le nid qu'elle était venue reconnaître.
Vivant, qui l'avait suivie des yeux dans ses différentes évolutions, sortit de sa taciturnité pour dire à Adrienne, toujours silencieuse à son côté :
— Àrez-vous vu, madame Adrienne?
— Quoi, mon ami?
— Cette hirondelle qui vient d'entrer là-haut.
— Je vois cela depuis bien des printemps.
— C'est que celle-là me fait l'effet d'une prisonnière qui a repris sa liberté.
— Qu'en savez-vous?
— Mais elle a un fil à la patte.
— Un fil! dites-vous? De quelle couleur est-il? — demanda vivement Adrienne.
— Rouge, je crois.
— Vivant, mon ami, c'est une :e nos hirondelles de l'année dernière... ce fil dont vous parlez, c'est moi qui l'ai attaché à sa patte... Mon Dieu ! mon Dieu! il n'y a donc que ces pauvres enfants qui ne reviendront pas!
— M'est avis, madame Adriennc, que ce n'est pas le moment de vous désespérer, car si vous ne vous trompez pas...
— Écoutez, mon ami, voilà ce qui s'est passé. Il y aura un an aux environs de la Saint- Jean, j'étais assise où nous sommes maintenant, lorsqu'un bruit qui se fit dans l'air attira mon attention. Je levai la tête, et j'aperçus à cette fenêtre un énorme oiseau de proie qui, de son bec , frappait à coups redoublés ce nid que nous voyons. La pauvre mère, cramponnée à l'ouverture, le défendait avec désespoir; elle fut atteinte et tomba eu poussant un cri de détresse. Les petits voulurent fuir, mais, trop jeunes encore pour voler, ils s'abattirent sur le sol et y restèrent meurtris Le père accourut à tired'ailes : l'oiseau de proie le saisit dans ses serres et l'emporta. Je visitai le champ de bataille, et. parmi ces pauvres petites mourantes, je crus en remarquer une un peu moins maltraitée que les autres. Je la ramassai et en pris soin. Elle guérit, profita, et quand elle put voler, je la mis en liberté après lui avoir attaché un fil rouge à la patte. Si celle que vous venez de voir porte cette marque, je ne doute pas que ce ne soit elle. Pauvre mignonne! je ne m'attendais pas à jamais la revoir.
— Et ce retour inespéré, miraculeux, ne vous dit
rien, madame Adrienne I —s'écria Vivant, qui avait écouté cette petite histoire avec une attention dévorante.
— Il me dit, mon enfant, que les hirondelles reviennent à chaque printemps ; mais il y aura bientôt soixante-douze ans que je le sais.
— C'est èlro aussi par trop incrédule ! — reprit Vivant avec impatience.
— Que voulez-vous ? je suis vieille, etj'aivutant de catastrophes pour un bonheur, tant de chagrins pour une joie, tant de larmes pour un sourire !
— .Mais la justice du bon Dieu?
— La justice de Dieu, Vivant? J'y crois, seulement je ne sais pas si elle se fait dans ce monde ou dans l'autre, et quand je regarde autour de moi...
— Tenez, madame Adrienne, si je vous écoutais une minute de plus en ce moment, je sens que je deviendrais fou, et comme j'ai besoin de ma tête et de mes bras, je vais vous laisser. Tout-à-l'heure vous m'aviez désespéré; le hasard vient de me rendre un peu d'espérance que vous cherchez à nfenlever encore. Eh bien ! moi je veux la garder! Ainsi, à l'avenir, ne parlons plus de ces choses, sur lesquelles nous ne pouvons pas qous entendre. J'ai besoin de croire pour vivre...
Croire, c'est attendre, Vivant... et attendre quelque chose de ce monde qnand on est sur le bord de sa fosse c'est manquer de sagesse et de courage. Mais je tâcherai, je vous le promets, de vous mieux contenter par la suite, et je vous supplie, en attendant, de ne pas me garder rancune jusqu'au point de me dissimuler vos es-
pérances, car elles me font un peu de bien, même quand je ne me sens pas la force de les partager.
— Et moi donc ! croyez-vous que je ne sois pas heureux de vous en parler? — répondit Vivant avec une brusquerie affectueuse. — Ça me coûterait joliment de me taire, à présent que je suis habitué à vous conter tout ce qui me passe par la tête. Il le faudrait pourtant , si quand je dis blanc vous me disiez toujours ncir. Eh bien ! le bon Dieu serait là que je lui soutiendrais que , puisqu'une pauvre petite hirondelle peut revenir...
Comme Vivant prononçait ces dernières paroles, un spectacle aussi étrange qu'inattendu vint frapper ses regards et ceux de la vieille femme de charge. C'était la Providence qui, à leur insu, jetait son mol suprême au milieu de leur discussion.
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