‹ Jacques de TourreilChapitre 100 sur 153 · D'Olivet, ouvragée cité. Préface, p. 12 et · texte numérisé non relu

D'Olivet, ouvragée cité. Préface, p. 12 et

effet, si l'on jette les yeux sur ce qu'ils nous ont laissé l'un et l'autre, on trouvera une grande différence entre leurs travaux. La version de M. de Maucroix est quelquefois plus agréable ; celle de M. de Tourreil est toujours plus fidèle. Le style du premier a plus de douceur et plus d'égalité ; le style du second plus de véhémence et plus de force. On trouve dans l'un plus de ces tours naïfs et de ces finesses de langage, qui sont un des principaux charmes du discours ordinaire ; on trouve dans l'autre plus de ces figures vives et de ces traits hardis qui font l'âme de la haute éloquence. Enfin, M. de Maucroix est peutêtre un grammairien plus exact ; mais M. de Tourreil est sans contredit un plus grand orateur^. » Trêve de malice à l'égard de ce bon abbé Massieu : sachons distinguer le bon grain de l'ivraie, car il y a une part de vérité dans les lignes précédentes ; et si ce jugement contredit le premier, veuillons croire que celui qui les a portés tous les deux, a bien vu la supériorité de la troisième traduction de Tourreil sur les deux autres. Pourquoi d'Olivet n'aurait-il fait de même? A-t-il cédé à un travers de l'esprit humain que nous blâmons volontiers chez les autres, et que nous partageons avec tout le monde? Notre mémoire en effet retient plus longtemps les fautes d'autrui que ses bonnes actions, et la méchante réputation qu'on a faite à un homme dès le principe, pèse plus ou moins sur son nom jusqu'au terme de sa carrière. Si Tourreil n'eût écrit que sa troisième traduction, elle eût eu moins de mérite, mais il est vraisemblable qu'on lui en reconnaîtrait davantage.

Est-ce encore pour cette raison que dans un livre paru il y a quelques années [De V Hellénisme chez Fénelon), M. Léon Boulvé 2, ayant à cœur de démontrer que Fénelon aurait fait un meilleur traducteur de Démosthène que Jacques de Tourreil, opposait à la version d'un passage de la Première Philip-

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