Tourreil (1721), t. I. Préface, p. xxvm et xxix
2. Léon Boulvé, De l'Hellénisme chez Fénelon (Paris, Fontemoing, 1897),
p. XXXI-XXXVII.
pique faite par Fénelon dans sa Lettre à l'Académie la première version qu'en a donnée Tourreil, c'est-à-dire la moins bonne à beaucoup près. Il s'agit précisément de la célèbre apostrophe que nous avons citée un peu plus haut.
Tout porte à croire que Fénelon pouvait mieux que personne donner dune œuvre grecque une fidèle et bonne interprétation. Cet écrivain, dont la mémoire et la pensée sont tout imprégnées d'hellénisme, réussit, en composant pour le duc de Bourgogne son Précis de VOdyssée^ à rendre le poète grec avec sa physionomie. Mais pas plus dans son Précis de rOdyssée que dans les nombreux passages qu'il a traduits des auteurs anciens, il ne s'est astreint à faire de la traduction scrupuleusement littérale. Dans cette tirade de la Première Philippique, si Fénelon nous fait voir, au dire de M. Boulvé, qu'il avait sur l'art de la traduction des idées supérieures à celles de son siècle, il ne nous montre pas qu'il eût pu faire im meilleur traducteur que Tourreil '. 11 n'a pas autant que