CHAPITRE V
I. La traduction au xviii^ siècle. — IT. Les successeurs de Tourreil : d'Olivet, Millot, Auger, Laharpe. — IlL La traduction au xix^ siècle. — IV. Les principaux traducteurs de Démosthène.
Tourreil donnait un grand exemple aux traducteurs de l'avenir. En même temps, M'"'' Dacier dans sa réponse à La Motte intitulée Des causes de la corruption du goût, plaidait éloquemment la cause de la bonne traduction, sans présenter toutefois à l'appui de sa théorie un modèle de la même valeur que l'œuvre du traducteur de Démosthène. Fénelon enfin, qui aurait pu être le meilleur interprète des anciens, posait les vrais principes de Ihistoire, qui, mieux entendue, aurait appris aux traducteurs ce qu'ils ne savaient pas, et, en leur donnant une connaissance plus exacte de l'antiquité, les aurait mis sur la voie d'une interprétation plus vraie. Cependant le xvni'' siècle n'en continua pas moins à suivre les errements de l'âge précédent : ce qui ne diminue en rien le mérite de ces esprits d'élite, novateurs incompris, car c'est la preuve que le préjugé et la mode tenaient par de profondes racines. S'il faut plus d'un siècle pour que l'exemple de Tourreil et les principes d'un Fénelon ramènent la traduction et l'histoire dans le droit chemin, nous leur saurons d'autant plus gré d avoir fait eux-mêmes un grand pas dans le sens du progrès et de la vérité.
Pendant que Tourreil, revenant à la raison, devenait chaque jour plus fidèle à son modèle, un médiocre poète, Houdar de La Motte, « en malencontreux parodiste ' » qu'il était, rendait