‹ Jacques de TourreilChapitre 105 sur 153 · I. P. DLip.nil, Hotuhir de La Moite Hachette, 1898), p · texte numérisé non relu

I. P. DLip.nil, Hotuhir de La Moite Hachette, 1898), p

Homère encore plus méconnaissable qu il ne lavait jamais été : « cet étrange Epitomé ' » de VIliade souleva quelques protestations, mais il eut aussi de nombreux approbateurs. M""" Dacier, lAntigone du poète aveugle, comme l'appelle spirituellement M. Herriot 2, trouva, dans son indignation toute filiale, une violence de langage qui dépassait la mesure ; Fénelon félicita ironiquement l'auteur de la Nouvelle Iliade du livret de pension de 8.000 livres que le roi lui accorda^. Cependant Voltaire tout en déclarant que La Motte étrangle les plus beaux passages du poème homérique, prétendit qu'il lui avait ôté beaucoup de défauts^. D'autres comme John Sheffield, duc de Buckingham, pensaient sincèrement que la traduction de La Motte l'emportait de beaucoup sur celle de sa rivale : et tel était l'avis des admirateurs du poète moderne.

Pendant tout le xv!!!*" siècle les choses en resteront au même point : quelques savants auront par intuition une notion assez exacte de la traduction ; mais les gens du monde, dans leur ignorance de l'antiquité, continuei'ont à ne point vouloir perdre de vue leur siècle et conserveront toute leur faveur aux interprètes les moins fidèles.

Comme au siècle précédent on disserta souvent sur les principes de la bonne traduction, et souvent aussi on écrivit sur ce sujet des choses très sensées, qui n'étaient d'ordinaire que de vjiines promesses : on prêchait la vérité, on pratiquait l'erreur ; c'est de quoi nous allons nous rendre compte. Mais auparavant il faut faire une distinction essentielle, et mettre à part les traducteurs des poètes, car plus que jamais on sera persuadé qu une œuvre en vers ne peut se reproduire qu'en vers, et d'après cette loi il arrivait toujours que dans un

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