Goujet, Bibliothèque française, t. II
2. OEuvres île d'Aleinhert, t. XII. Observations sur l'art de traduire, p. 20.
3. Louis Bertrand, Lu fin du classicisme elle relour à l'antique (Hachette, Paris, ] 897), p. 21.
connaissance de la littérature ancienne diminuent en France, lestraductions des monuments de l'antiquité se multiplient ^ . . » ; tant et si bien que sous le Directoire « la république des lettres n'est plus qu'une manufacture de traductions - ». P^euilletons quelques-unes de ces versions, sœurs cadettes des Belles Infidèles^ et nous serons édifiés : Artaud dans la préface de sa traduction d'Euripide cite un passage de V Euripide de Prévost (1783) : le texte g-rec porte ceci : « Je suppose qu'elle doit être ici (Iphis cherchant sa fille Evadné), ditesmoi si vous le savez » ; Prévost traduit : « C'est en ces lieux que je la crois retirée. Si cela est vrai et que vous en ayez connaissance, ah ! daignez m'éclairer sur son sort et arracher un malheureux père à la plus affreuse incertitude ^. » Elégance et prolixité, tel est le caractère de toutes ces traductions du XVII i" siècle.
Mais, si l'exemple de Tourreil n'a pas converti aux vrais principes toute cette lignée de traducteurs indépendants, quelques-uns cependant, quoi qu'ils en pensent et quoi qu'ils disent, lui sont en partie redevables de l'estime accordée à leurs ouvrages : ce sont ceux qui, avec la prétention de faire mieux, ont repris après Tourreil le texte de Démosthène, et qui, en reprochant ceci ou cela à l'œuvre de leur prédécesseur^ ont nécessairement, sans se l'avouer, profité de ses efforts et de ses résultats : ce sont d'Olivet, Millot, Auger. 11 n'est pas sans intérêt de passer en revue les travaux de ces émules de Tourreil, et de renouer ainsi la chaîne qui relie les noms de Tourreil, de Stiévenart, de Plougoulm et des derniers traducteurs de Démosthène.
Nous avons vu quel jugement d'Olivet porta sur Maucroix