‹ Jacques de TourreilChapitre 108 sur 153 · E. et J. de Goncourt, Le Directoire, p · texte numérisé non relu

E. et J. de Goncourt, Le Directoire, p

3. Artaud, Traduction d' Euripide (Paris, Charpentier, I.s42). Préface, p. vi.

et Tourreil, qu'il accusait d'avoir défiguré Démosthène. Il s'essava à faire mieux. En 1727, il publia les deux premières Philippiques ; et voyant, dit Goujet, que le public avait favorablement accueilli cette traduction, il la revit et la fit imprimer en 1736, en l'augmentant de la Troisième et de la Quatrième Philippique. L'abbé Sallier écrivit quelque part « qu'une si parfaite copie d'un aussi grand modèle que Démosthène ne peut qu'être agréable et utile à ceux qui cherchent la véritable beauté de l'éloquence ^ ». Cette version de d'Olivet est-elle vraiment si parfaite, et, si elle pouvait être préférée à celle de Maucroix, était-elle au moins égale à celle de Tourreil? Goujet a dit que « c'est pour le (Démosthène) faire connaître tel qu'il est, c'est-à-dire sensé, précis, grave, simple, ne cherchant et ne connaissant que la raison mise dans son jour, que M. l'abbé d'Olivet a entrepris cette nouvelle traduction à laquelle le public a assez apjalaudi, sans néanmoins diminuer rien de son estime pour celle de M. de Tourreil -». Nous dirons mieux : la version de d'Olivet ne justifie pas ses prétentions, et elle est pour son prédécesseur une nouvelle victoire. Mettons donc Maucroix et Tourreil en parallèle avec d'Olivet.

La critique que celui-ci adresse aux deux autres ne porte guère que sur la forme extérieure de leur traduction. Il leur concède « l'exactitude à rendre le sens de l'orateur », mais il leur refuse (( la fidélité à exprimer le caractère de son éloquence '' )'. Sur le premier point sa compétence est en défaut, car ce qui est vrai de Tourreil et 1 élève précisément au-dessus de la plupart des traducteurs, n^est pas vrai de Maucroix ; et d'Olivet, à cet égard, est plus voisin de celui-ci que de celui-là. Est-ce seulement, comme le dit Stiévenart, qu'il sut médiocrement le grec ? C'est chose très admissible, et rien ne nous défend d'ajouter foi à cette assertion, applicable d'ail-

t. Goujet, ouv. cité, t. Il, p. 221.

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