Stiévenart, ouv. cité. Préambule, p. iv
2. Auf<er, OEin^res cuniplètes de Démosthène et d'Eschine (édition nouvelle, revue par J. Planche, Paris, J819j. Avertissement, p. 9.
qu'il porte sur le g-énie oratoire de Démosthène est une imitation flagrante de ces deux écrivains. L'homme qui avait un sentiment si juste du,caractère de l'éloquence de Démosthène, semblait qualifié pour critiquer ceux qui l'avaient interprétée avant lui et refaire ce travail sur de meilleurs principes. TouiTcil tout le premier est durement pris à partie : « M. de Tourreil était un homme de beaucoup d'esprit, fort versé dans les littératures grecque et française, écrivant en sa langue avec intérêt : il avait étudié Démosthène ; il l'entendait mieux assurément qu'aucun de ceux qui 1 avaient précédé dans cette carrière. 11 a accompagné sa traduction d'excellentes notes et de préfaces qui sont des chefs-d'œuvre ; tout est beau dans son livre, excepté la traduction même qui est l'objet principal. Il établit sur l'art de traduire de très bonnes règles qu'il viole presque toujours ; il manque, en traduisant, le génie d'Eschine et de Démosthène, qu il dessine et peint savamment dans ses préfaces. La réputation bien méritée que lui avaient acquise ses talents et ses ouvrages académiques, a rejailli sur sa traduction, qui peut-être ne lui aurait fait aucun nom, s'il n'en avait eu déjà un. Je le dirai sincèrement comme je l'ai éprouvé : il traduit moins Démosthène qu'il ne le défigure : chez lui, la noble simplicité de l'orateur devient bassesse, sa grandeur devient enflure ; une élocution entortillée et embarrassée remplace une diction nette et claire ; le nerf et la précision de l'orateur grec sont énervés quelquefois par une abondance stérile d'expressions triviales ou boursouflées : il veut enfin ajouter à Démosthène, lui donner de l'esprit; et l'on ne peut s'empêcher en le lisant de se rappeler et d'approuver le mot de Racine '. » Le réquisitoire est complet : d'Olivet et Millot en ont fourni à Auger tous les éléments. Et quand, président de tribunal entre ses deux assesseurs, il a prononcé en bonne forme la condamnation du méchant tra-