‹ Jacques de TourreilChapitre 113 sur 153 · Auger, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Auger, ouv. cité, p

ducteur, par une habitude qui lui est propre il l'imite et il le copie : comme lui il aime les longs sommaires ou avant-propos, il accompagne sa traduction de notes qu'il reconnaît lui devoir ainsi qu'à RoUin et à Reiske, il compose un précis historique dont MM. de Gondillac et Tourreil font tous les frais. C'est maintenant le tour d'Auger de passer devant ses juges. Sa version peut-elle justifier ses prétentions ? Ne mérite-t-il pas qu'on retourne contre lui le reproche qu'il faisait à Tourreil d'avoir établi de bonnes règles et de les avoir presque toujours violées ?

indubitablement Auger était de tout point bien armé pour arriver à la plus exacte compréhension du texte : outre qu'il ne lui était point interdit de consulter à son profit les travaux de ses prédécesseurs, il avait une grande connaissance du grec, et ses nombreuses traductions d'Isocrate, de Lysias, de saint Jean Chrysostome et de saint Basile, aussi bien que celle de Démosthène, en sont un sûr garant. Sous le rapport de la fidélité au sens il est donc à peu près inattaquable ; mais a-t-il mis le même soin que Tourreil à rendre tous les mots? Auger estime avec beaucoup d'autres « qu'on doit traduire exactement, sans se permettre de rien retrancher de son auteur ou d'y rien ajouter ; mais qu'il ne faut pas porter trop loin cette exactitude, et qu'il ne faut pas que l'attention à observer la lettre aille jusqu'à ruiner l'esprit' ». Mais il en prend trop à son aise en ne s'astreignant pas à cette littéralité qui est la première condition d'exactitude et de fidélité. Ce n'est pas qu'il y gagne en rapidité et en vigueur, car « le bon Auger est aussi verbeux que Millot est concis, deux excès qui défigurent également leur modèle ~ ». Donc Auger dit plus et dit moins que Démosthène. Mais en n'observant pas la lettre de son auteur, lui a-t-il conservé la physionomie de son style ? Stiévenart répète dans les mêmes termes un reproche que

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