‹ Jacques de TourreilChapitre 114 sur 153 · Stiévenart, ouv. cité. Préambule, p. v · texte numérisé non relu

Stiévenart, ouv. cité. Préambule, p. v

G. Dl'hain — Jacques de Tourreil. 14

l'éditeur Planche adresse au traducteur : <( Bien différent de Tourreil qui le j)lus souvent donnait de l'esprit à Démosthène, Aug-er lui en ôta quelquefois K » Il est vrai qu'il dépend moins d'un traducteur d'ôter de l'esprit à Démosthène que de lui en prêter : car il n'entre pas dans la manière habituelle de l'orateur de faire de l'esprit, si l'on entend par là autre chose que l'amère plaisanterie, l'âpre et accablante ironie qu'il manie comme une arme redoutable et pénétrante. Ce qui est plus vrai, c'est qu'Aug-er amollit cette éloquence robuste. Cependant sa traduction a pour elle le mérite d'être simple et facile ; elle ne sent ni la recherche ni l'effort. Il n'en demeure pas moins véritable que venant plus de soixante ans après celle de Tourreil, elle ne marque aucun progrès dans la manière d'interpréter Démosthène, et nous sommes encore bien loin des dernières traductions qui en ont été faites de notre temps. Auger appartient encore à la vieille école.

La liste des traducteurs de Démosthène au xv!!!*" siècle n'est pas close : Gin publia de 1790 à 1791 deux volumes de harangues choisies : contresens perpétuel, dit Stiévenart ^. Ni Tourreil ni Gin ne gagneraient à être comparés. Mais il en est un que Stiévenart cite avec éloge, celui que son goût et ses jugements littéraires ont fait surnommer le Quintilien français : c'est Laharpe, qui, dans son Lycée ou couj's de littérature ancienne et moderne, voulant faire connaître les différents moyens de l'art oratoire, considérés particulièrement dans l'œuvre de Démosthène, donne, selon sa manière, quelques fragments de la harangue Pour la Couronne et celle presque entière De la Chersonèse. Acceptant la critique que Villemain fait à Laharpe, d'avoir commis dans ses versions « les fautes les plus graves, les plus inattendues », d'y avoir (c altéré sans cesse l'esprit antique », d'avoir « défiguré la pensée de l'original par les plus singulières inadvertances » et

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