Burnouf, Trad. de Tacite. Introduction, p. xviii
2. Revue boiirguifjnonne de l'enseir/nemenl supérieur, t. V^II, 0°" 3 et 4,
OU de le travestir à la mode des convenances locales ' . » Mais alors, combien plus ardue, plus délicate est devenue la traduction ! « Etre simple, sans trivialité, rendre le génie antique accessible à notre temps sans le travestir à la mode, être grec par l'esprit tout en restant français par les formes, tel est le difficile problème que nous avons à résoudre '^. » La recherche de la littéralité ne doit pas dépasser certaines bornes, et la plus rigoureuse exactitude ne doit pas empêcher qu'un traducteur soit encore de son siècle. « Il y a une mesure de fidélité au delà de laquelle on risque de tomber dans le bizarre ; il faut aller jusqu'au point où l'exactitude deviendrait choquante en français. Atteindre la limite sans la dépasser, c'est là une affaire de tact -^ »
La force des exemples a donné pleine sanction à cette méthode. Dans l'étude qui nous intéresse spécialement, passons en revue les principaux traducteurs de Démosthène, ceux qui ont pris place parmi les meilleurs interprètes des anciens. Nous ne nous arrêterons pas aux noms de Bélèze et de Bignan qui n'ont fait que reprendre et retoucher en partie l'reuvre d'Auger. Nous n'insisterons pas davantage sur la traduction de l'abbé Jager que M. Groiset dans une notice bibliographique qu'il a écrite en tête d'une traduction juxtalinéaire déclare avec raison lourde et difficile à lire avec intérêt ; nous ajouterons qu'en s'inspirant des versions antérieures elle manque souvent à la fidélité, que ce n'est pas un travail assez neuf ni qui relève d'une méthode nouvelle, et qu en un mot elle ne s'impose pas comme celles de Plougoulm, de Stiévenart, de Dareste et de Poyard.