Tourreil (1721;, l. I. p. lviii
« C'est que les moindres choses qui restent des grands hommes, dit Massieu, sont précieuses '. » « On aura peine à croire, dit-il encore, que ce soit Touvrag-e d un jeune homme de dix-huit ans. M. de Tourreil n en avait pourtant pas davantage, lorsqu'il le hasarda, et il ne faisait que d'arriver de la province -. » Tourreil semblait être de ceux dont Perrault parle dans ses Mémoires, qui, faisant bien les vers latins quand ils étaient écoliers, continuaient d'en faire en dehors du collège, et marchaient sur la trace du poète Santeul dont la Muse latine a rempli quatre volumes. En composant cette pièce de vers, Tourreil fit un de ces tours de force auxquels se livrait volontiers la jeunesse des écoles. L'art de manier dextrement cette façon d'anachronisme qui appliquait aux usages et aux inventions de la vie moderne telle ou telle expression d'Horace, de Virgile, d'Ovide, de Stace ou de Lucain, était le critérium du talent poétique. C'est ainsi que « la Muse antique s'étonna de célébrer les vertus du café, les parfums du thé, la saveur pétillante du Champagne, le bouquet pénétrant du bourgogne. Le canal du Languedoc franchit en majestueux hexamètres l'espace qui sépare les deux mers ; les eaux de Saint-Cloud bondirent en strophes alcaïques "... » Et voilà comment Tourreil se plut, en excellent disciple des Pères, à chanter la maison de son cousin, s'étendant complaisamment sur les beautés de lédifice situé près de l Arsenal où l'on forge mortiers et canons
Castrenses tonitrus beilatricesque procellas,
peignant d'une touche élégante et ingénieuse parterres, terrasses, jets d eau. grottes et volières, où des oiseaux
Garnda gens, captiva quideni, conclusaque septis,