‹ Jacques de TourreilChapitre 132 sur 153 · Tourreil 1721 , l. I. Préface, p. xxix · texte numérisé non relu

Tourreil 1721 , l. I. Préface, p. xxix

2. Holliii dans son llisloire ancienne a reproduit des paj^es entières de Tourreil voir édition Lelronne, t. II. p. 3i6, 347, 363, etc.).

de la préface de son prédécesseur, Auger, dans sa traduction des œuvres complètes de Démosthène et d'Eschine, donne un précis historique d'après MM. de Condillac et de Tourreil. Le traducteur italien Gesarotti a reproduit intégralement la préface du traducteur français en tète de son Démosthène. L'abbé Jager publiant en 1834 une nouvelle traduction française des chefs-d'œuvre de Démosthène et d'Eschine, avait écrit un discours préliminaire qui n'est en somme qu'une préface historique, faite, de son propre aveu, à l'imitation de celle de Tourreil : il dit en note à la page ii : « La préface de Tourreil, vrai chef-d'œuvre, nous a fourni les documents et souvent l'expression de ce résumé historique. »

Cette préface, servant d'introduction à une œuvre de traduction, était une nouveauté, et à ce titre déjà elle méritait l'attention du public : c'était un bel exemple, et beaucoup l'ont suivi. Outre les traducteurs nommés plus haut, Stiévenart, Landois, et de nos jours M. Louis Lemain se sont fait pareille obligation d'instruire leurs lecteurs des événements qui se rapportent à cette grande lutte de Philippe et de Démosthène ; mais ceux-ci ont eu l'avantage de venir les derniers et de mettre à profit tous les travaux de l'érudition qui ont depuis un siècle débrouillé cette période confuse de l'histoire grecque. « Au xyiii*^ siècle, dit M. H. Weil, on comprit mieux (qu'au xvii^ siècle) que, pour éclairer Téloquence de Démosthène, il fallait demander des lumières à l'histoire. La préface historique de Jacques de Tourreil répondait à ce besoin, tout en ayant plus d'éclat que de solidité ^ » Tel était bien le sentiment qui avait amené le traducteur de Démosthène à écrire cette préface. « Le premier devoir d'un Interprète consiste à faire entendre son auteur. Rien, à mon avis, ne peut mieux m'acquitter de ce devoir, qii'un plan de l'ancienne Grèce et un abrégé de son histoire. Sans quoi Démosthène, bien que tra-

1. Weil. Les Har.iiufiiex de Démosthène IRST . Introchicti'->n. p. xi.vi et

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duit, parlera toujours grec pour ceux qui ne savent pas la carte du pays ou qui n'en ont qu'une notion légère et confuse. Ils s'arrêteront à chaque pas, comme les gens qui voyagent la nuit dans un pays qu'ils ne connaissent point ; et si quelque rayon d'éloquence les frappe par intervalles, ce sont pour eux de ces éclairs, qui dans l'obscurité semblent ne faire entrevoir la lumière, que pour augmenter l'horreur des ténèbres où ils laissent. Il faut donc qu'autant qu'il me sera possible, je débrouille les intérêts et développe les événements qui ont du rapporta mon texte '. » Basnage de Beauval, le grand enregistreur des actes littéraires de son temps, n'a fait que répéter en la délayant cette déclaration de principes si nettement énoncée ~. Si l'on considère qu'il n'y avait alors aucune histoire grecque digne de ce nom, et particulièrement aucun ouvrage capable de faire le jour sur une époque aussi chargée d'événements et aussi difficile à reconstituer dans toute sa vérité, que celle de Philippe et de Démosthène, on reconnaîtra que la Préface de Tourreil répondait à un besoin pressant, et que celui-ci rendit à son modèle et à ses lecteurs le plus signalé service.

Que contient et que vaut cette Préface ? Tourreil ne crut pas pouvoir se dispenser de remonter aux origines et de donner en raccourci une histoire des principales cités, avant d'entrer dans le détail de l'époque qui a vu l'indépendance du monde grec aux prises avec l'ambition du roi macédonien : il s'en

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