‹ Jacques de TourreilChapitre 133 sur 153 · Tourreil (1721), t. I, p · texte numérisé non relu

Tourreil (1721), t. I, p

2. Basnage de Beaiual, Oiivraç[es des Savants du mois d'avril 1701 : « Ce n'est pas assez de traduire un auteur grec en français pour le faire entendre, et surtout les orateurs, qui supposent toujours nécessairement certaines choses dans l'esprit des auditeurs, dont le détail ferait traîner et languir le discours. Ainsi un traducteur qui s'élève au-dessus des fonctions d'un traducteur vulgaire et qui a joint la science historique à l'étude de la langue doit s'appliquer à faire entendre les clioses aussi bien que les mots. M. de Tourreil en ell'et a bien compris que Démosthène en français parlerait encore grec pour ceux qui ignorent quel était l'état de la Grèce en ce temps-là, ou qui n'en ont qu'une notion confuse et superficielle. C'est pourquoi il a tracé un plan de l'ancienne Grèce, et il on donne une histoire abrégée depuis l'origine des Grecs jusqu'au règne d'Alo.xandre. »

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explique ainsi : <( Ceux qui aiment qu'on aille au principe et qui ne peuvent manquei" d'être curieux de l'orig-ine d'une nation aussi célèbre que la grecque, me pardonneront sans doute de remonter jusque-là, et de ramasser ce qu'on en sait ou ce qu'on en dit. La dig-ression ne m'emportera pas trop loin. J'appuierai sur ce qui peut éclairer le sujet principal et je passerai légèrement sur le reste i. n II est resté fidèle à sa promesse : après avoir, comme Flonis, comparé la durée des peuples à la vie des hommes et divisé l'histoire des Grecs en quatre âges, il consacre quelques pages seulement aux deux premières périodes, c'est-à-dire aux quinze siècles environ qui s'écoulent avant la bataille de Marathon, il néglige entièrement la quatrième qui n'entre pas dans son dessein, et il donne à la troisième tout le reste de son ouvrage. Le souci qu'a l'écrivain de présenter un travail complet et bien fait, selon les règles de l'art, le plaisir de donner l'essor à son talent, qui trouvait la plus heureuse occasion de voler de ses propres ailes, enlin le besoin d'éclairer les événements d'une époque orageuse et tourmentée par les événements antérieurs, tout cela avait pu le déterminer à reprendre cette histoire aux premiers jours de son enfance héroïque. Ne devait-il pas montrer comment la civilisation, originaire de la Phénicie et de l'Egypte, était venue jeter des racines profondes dans le sol fécond de la Grèce, comment, sur cette terre privilégiée, avaient fleuri, aux rayons de la liberté, l'héroïsme et le génie, comment enfin Içs Grecs, éblouis de leur prospérité, oublièrent que l'ambition est le germe de la servitude, et qu'en luttant entre eux pour l'hégémonie ils couraient à 1 esclavage ? Voilà sans doute ce que Tourreil voulait présenter aux yeux du public, et voilà pourquoi dans ce troisième âge de l'histoire hellénique, qui en marque l'apogée et la décadence, il s'est attaché à l'étude des trois grandes cités rivales de la Grèce,

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