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euphémisme : « Que si j'aA^ais pourtant à prononcer sur la préférence entre eux, peut-être que de peur de blesser l'admiration naturellement attachée aux prodiges qui se suivent de si près dans la vie d'Alexandre, je n'oserais avancer qu'il y a plus loin du Prince de Macédoine au Maître de la Grèce, que du Roi de Macédoine maître de la Grèce au vainqueur de l'Orient ', » Cette idée, neuve pour le siècle, nous semble plus qu'aucune autre faire honneur au sens historique de Tourreil. Ainsi, comme il tient plus de compte des difficultés d'une entreprise que de la gloire qui en accompagne les résultats, comme il s'attache plus au mérite individuel qu'aux heureuses circonstances qui favorisent le génie, et, tranchons le mot, comme il ne fait pas moins d'estime des vertus politiques que des vertus militaires, il lui paraît qu'il y a plus d'affinité entre César et Philippe, tous les deux politiques et conquérants. Ce parallèle, malgi^é ses longueurs et ses superfluités, avait encore l'avantage de pousser l'écrivain plus avant dans l'analyse du caractère si complexe de ce roi de Macédoine qui édifia sa grandeur sur la feinte et sur la ruse, « qui couvrit soigneusement son ambition, et opprima la liberté sous le spécieux prétexte de la défendre - », Comme César, pourvu qu'il arrivât à ses fins, Philippe « ne se piquait pas d'une excessive délicatesse sur le choix du moyen, et la voie la plus courte était pour lui la meilleure ^ », Comme lui, il savait prendre toutes les précautions et possédait toutes les ressources; comme lui, il avait l'audace ou la défiance que commandaient les circonstances; comme lui, il pratiquait l'art de reculer d'un pas pour en faire deux au moment favorable ; comme lui enfin, il poursuit méthodiquement et avec une froide ténacité, du premier au dernier jour de sa carrière, le but où le poussait son immense ambition. « On voit en la