‹ Jacques de TourreilChapitre 137 sur 153 · Ihid., p. 226 et · texte numérisé non relu

Ihid., p. 226 et

TRADUCTEUR DE DÉMOSTHÉNE 247

personne de Philippe un roi presque aussi maître de ses alliés que de ses sujets ; et non moins redoutable dans les traités que dans les combats; un roi vigilant, actif; lui-même son surintendant, son ministre, son général ; avide et insatiable de gloire ; la chercher où elle se vend à plus haut prix ; faire ses plus chères délices de la fatigue et du péril ; former sans relâche ce juste, ce prompt accord de soins et de mouvements que les expéditions militaires demandent ; et avec tant d'avantages, attaquer des Républiques épuisées par de longues guerres, déchirées par des divisions domestiques, vendues par leurs propres citoyens, servies par une milice étrangère ou ramassée, rebelles aux sages conseils, et comme résolues à se perdre 1. » Tourreil montre fort bien le mal qui rongeait la Grèce, cette division générale, que les jalousies, les défiances, les haines invétérées entretenaient entre tous ces petits Etats, et cet esprit de discorde qui régnait dans chaque République. On n'a jamais dépeint d'une manière plus vivante ce peuple athénien si intelligent et si versatile, prompt à l'enthousiasme et au découragement, fier de ses victoires passées et aveugle sur les dangers présents, se nourrissant des plus folles espérances, et se laissant tromper par des séducteurs éloquents « qui se vantaient d'accorder son plaisir et son repos avec sa gloire et sa sûreté "^ >•>. Cependant Tourreil, même en blâmant ses erreurs et ses fautes, semble avoir de la sympathie pour cette cité athénienne où, selon le mot de Fénelon, (( tout dépendait du peuple et le peuple dépendait de la parole -^ ». Qu'il connût ou non cette phrase célèbre de son illustre confrère — car la première rédaction de la Lettre à V Académie fut présentée à la Compagnie dans les premiers mois de 1714, et Tourreil mourut en octobre de la même année — il est remarquable que le traducteur dans sa Préface

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