‹ Jacques de TourreilChapitre 19 sur 153 · Ibid., p. L · texte numérisé non relu

Ibid., p. L

G. DtHAiN. — Jacques de Tourreil. 3

ne faisait qu'entrer dans le monde ' ». On sait ce que valait la protection de Pontchartrain, auquel on ne pourrait appliquer ce mot de Malesherbes dans le discours de réception qu'il prononça en 1774 : « Le chancelier Séguier n'attenta jamais à notre liberté. » Quand La Bruyère en 1691 brigua la succession de Benserade, Pontchartrain ne força-t-il pas les portes de l'Académie française pour y faire entrer un cousin de sa femme, Etienne Pavillon? Ce fut lui encore qui fit passer Tourreil avant l'auteur des Caractères ; et quand, un an plus tard, celui-ci succéda à l'abbé de la Charrîbre, en même temps que Bignon remplaçait Bussy-Rabutin, le même Pontchartrain les avait présentés tous les deux, celui-ci comme son neveu, celui-là comme son ami ; enfin la même année Pontchartrain faisait donner l'immortalité à ce Simon de la Loubère, qui devait en effet passer à la postérité grâce à l'épigramme bien connue :

Messieurs, vous aurez la Loubère :

L'intérêt veut qu'on le préfère Au mérite le plus certain. Il entrera, quoi qu'on en die :

C'est un impôt que Pontchartrain Veut mettre sur l'Académie.

Etrange coïncidence : La Loubère et Tourreil étaient compatriotes et tous deux furent appelés par le Contrôleur général des finances à l'honneur d'achever l'éducation et l'instruction de son fils, le jeune comte Jérôme de Pontchartrain, qui fut Conseiller au Parlement de Paris à dix-huit ans et Secrétaire d'Etat de la Marine à vingt et un. Il paraît bien que le jeune comte, dont l'irrévérence n'avait guère de retenue, faisait peu d'estime de ses maîtres : Rouxel, dans ses Chroniques des élections à r Académie française, cite un passage édifiant d'une lettre adressée par le jeune homme à l'abbé

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