Lauson. Histoire de la Littérature française, p
béatilles de riiymënée ». Cependant, comme en France le bon sens ne perd jamais ses droits, il se trouva des hommes dont la droite raison se révolta contre ces ridicules singularités, et Tourreil (( qui ne manquait pas de flatteurs ' », ne manqua pas non plus de censeurs qui lui reprochèrent durement toutes ses affectations de langage, si mal appropriées aux sujets de son ouvrage. Comme son premier mouvement était toujours de céder à l'envie de plaire et de briller, le second était toujours de revenir à la raison. « Il ferma l'oreille aux discours de ses amis séducteurs, et n'écouta que les amis sincères -. .) Il refondit donc les Essais : il en retrancha tout ce qui avait déplu aux critiques les plus judicieux, pour les mettre dans l'état où Massieu les a insérés dans le Recueil de ses œuvres complètes. Celui-ci espère que cette fois (( ils réuniront tous les suffrages -^ ». Et de fait, ces écrits entièrement remaniés et amendés valent beaucoup mieux que la mauvaise réputation qu'on leur a faite : on a eu le tort de rester sur l'impression produite par la j^remière édition. Tourreil croit encore que les matières du Digeste et du Code « quelque sèches et quelque stériles qu'elles paraissent, ne laissent pas d'être susceptibles d'ornements, et qu'elles peuvent être traitées, non seulement avec netteté et avec force, mais encore avec élégance et avec grâce ^ » ; et Massieu, auquel nous empruntons ces mots, partage pleinement ce sentiment. Mais Tourreil bitfe toutes les images outrées et les périphrases puériles de sa première rédaction. On s'étonnera peut-être de trouver encore dans des dissertations de cette nature l'élégance et la noble correction de la langue académique ; mais, outre que cette élégance et cette correction du style ne dépassent guère les limites d'une certaine réserve,