Ihid
surtout chez un écrivain de cette époque, elles ne messiéent point à des développements qui bien souvent sont plus philosophiques et moraux que purement techniques. Tourreil travaille son style en dilettante : il aime l'antithèse, l'expression saillante et pittoresque, la phrase courte et sententieuse, la période harmonieuse et oratoire ; il se plaît à retourner sa pensée et à la présenter sous plusieurs faces, avec une dextérité et des ressources d'élocution qui sont d'un esprit éminemment doué. A ces qualités, qui demanderaient dans l'occasion un juste tempérament et qu'il pousse un peu loin, s'en ajoutent d'autres très réelles, comme la netteté et la fermeté de l'expression. C'est en fin de compte une œuvre bien écrite, mais qui sent trop le soin que l'auteur met à la présenter en belle forme. Ce langage choisi de 1 écrivain, qui se croit obligé à cette recherche du style par le respect de son lecteur et par le souci de sa réputation, ne couvre pas la pauvreté des idées : ce n'est pas seulement 1 œuvre d'un artiste de paroles qui a l'horreur du banal et du commun, qui aime le mot piquant et nouveau, la délicatesse et la finesse, c'est aussi l'œuvre d'un penseur, qui i< se paie plus volontiers de raison que d'autorité ' », qui ne craint pas de sortir des sentiers battus de l'opinion commune, et qui trouve dans les suggestions de son bon sens et de son cœur des idées et des sentiments qu'on n'est pas accoutumé de rencontrer sous la plume de ses contemporains. Entre les vingt sujets qu'il traite, dont quelques-uns touchent à des points très minimes de la science juridique, et dont quelques autres, quoi qu'en dise de Boze -, sont dune vaine futilité, nous en relevons deux qui offrent de l'intérêt et font honneur au sens psychologique de l'écrivain, en qui l'occasion révèle plutôt un moraliste qu'un jurisconsulte. L'une de ces deux dissertations répond à la question