‹ Jacques de TourreilChapitre 3 sur 153 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

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Jacques de Tourreil naquit à Toulouse le 18 de novembre 1656. Il appartenait à une famille noble et ancienne, « illustrée, dit l'abbé Fleury, par les premières dignités du second Parlement de France * ». Son père, Jean de Tourreil, conseiller au Parlement de Toulouse en 1645, puis président aux requêtes, devint enfin procureur général près la même cour le 20 de juin 1653 ; il mourut à Paris le 22 de mai 1668. Les armes de Jean de Tourreil, qui furent celles de son fils, et que nous retrouvons au bas du portrait en médaillon de ce dernier, dans l'édition in-i" de 1721, et telles que nous les donne le Nobiliaire toulousain de Brémond (t. 11, p. 472), sont d'azur, au chevron d'argent, accompagné de trois têtes de coq crêtées et barbées d'or, deux en chef et une en pointe.

Le Nobiliaire toulousain cite trois autres personnages du nom de Tourreil, qui paraissent avoir été les contemporains de Jean de Tourreil, mais il nous est impossible d'établir le degré de parenté qui les unit : ce sont François de Tourreil, écuver capitoul en 1664 ; François de Tourreil, chevalier, conseiller du Roi, trésorier général de France à Montauban,

1 . Extrait du discours prononcé par M. l'abbé Fleury dans l'Académie Française le jour que M. l'abbé Massieu et M. Malet y furent reçus : Œuvres de J. de Tourreil (édition 1721), tome I, p. lvi.

lequel fit un acte de reconnaissance au roi à Toulouse le !*"■ d'avril 1673 ; Pierre de Tourreil, conseiller au Parlement en 1649, puis président à mortier jusqu'en 1654 ^

Nous ne saurions davantage dire ce que fut à l'égard de Jacques de Tourreil et de son père celui que nous trouvons cité au tome XIII de V Histoire du Languedoc, sous le nom de Abraham de Tourreil, qui, pendant la lutte du Parlement de Toulouse contre les Gapitouls, le 16 de juin 1645, se transporta à l'hôtel-de-ville avec un nommé Caumels, comme lui commissaire du Parlement, et accompagné de MM. de Fieubet et Marmiesse, pour y présider un conseil de bourgeoisie, « On refusa d'ouvrir les portes. Les commissaires ayant essayé de pénétrer par le guichet entr 'ouvert, les soldats du guet leur présentèrent la pointe des hallebardes, et Tourreil faillit être écrasé entre les battants ~. »

Par sa mère, Marguerite de Fieubet, Jacques de Tourreil était apparenté à une des premières familles de la noblesse de robe. Les de Fieubet occupent une place très honorable dans l'histoire du Parlement de Toulouse. Le chevalier du Mège raconte comment Arnaud de Fieubet, arrière-grand-père de Jacques de Tourreil, fit un jour la leçon au cardinal de Joyeuse, archevêque de Toulouse, qui lui avait montré dans son palais de magnifiques tapisseries, acquises à très haut prix, c Fieubet les examina froidement, et invita le prélat à venir chez lui, où il lui en montrerait de plus belles. Joyeuse s'y rendit, et Arnaud de Fieubet l'ayant reçu à la porte de son hôtel (on croit que c'est l'hôtel qui porte aujourd'hui le n° 15 dans la rue de Ninau), lui montra dans la cour, qui existe encore, un grand nombre de pauvres rangés le long des murs, et auxquels il distribuait tous les jours d'abondantes aumônes. Voilà, Monseigneur, lui dit-il, des tapisseries plus animées que les vôtres. » Du Mège ajoute que cet homme de bien

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