‹ Jacques de TourreilChapitre 32 sur 153 · Ibid., p. LU · texte numérisé non relu

Ibid., p. LU

noblesse et de son élévation dans les mains de M. de Tourreil? Ou plutôt, quels nouveaux traits ce facile interprète n'a-t-il pas joints aux richesses de l'original i? » Massieu enfin résume le sentiment général : « Les partisans des modernes jugèrent que les infidélités de la traduction tournaient à l'avantage de l'original. Ils soutinrent que M. de Tourreil avait eu raison de le rectifier en quelques endroits et de lui prêter des beautés en plusieurs autres ; et ils ne firent point difficulté de publier que le Démosthène français était beaucoup au-dessus du Démosthène grec '^. » Décidément Tourreil était un maître inimitable dans cet art si ardu qui faisait dire plus tard à Lamartine que de tous les livres à faire, le plus difficile, c'est une traduction ; décidément Tourreil apparaissait aux yeux de ses contemporains le front nimbé de l'auréole du génie! Il ne lui manquait plus que d'être chanté comme un héros sur le mode lyrique : c'est ce que fît Lamotte dans une ode intitulée « Pindare aux Enfers » :

Tourreil, c'est ainsi qu'au Ténare De ses airs le divin Pindare Charmait Proserpine et les Morts.

Mais non, tu connais trop sa lyre ; Non, tout ce que tu viens de lire.

N'est que l'ombre de ses accords.

Oh ! quen'ai-je ce f^oiU sublime, Ce génie ardent qui t'anime, Ce choix qui brille en tes écrits !

J'aurais dans une Ode immortelle Si bien imité mon modèle.

Que tes yeux s'y seraient mépris ^.

Cependant Tourreil, quoiqu'il ne reçût dans le camp des

Page 1