‹ Jacques de TourreilChapitre 34 sur 153 · Mémoires de Trévoux, mai ilOi · texte numérisé non relu

Mémoires de Trévoux, mai ilOi

croit-on, se serait fâché de cette appréciation plus malveillante qu'élogieuse, et c'est ainsi qu'il aurait offert son concours aux ecclésiastiques des Missions étrangères qui avaient en ce temps-là des démêlés avec la Société de Jésus et qui publiaient contre elle des Mémoires sur les affaires de la Chine. Nicéron dit encore qu'on lit dans une lettre insérée dans les Mémoires historiques et critiques du mois d'avril 1722 que Tourreil a laissé une traduction de sa façon, imprimée en Hollande, sous le titre de Réflexions sur les cultes et les superstitions chinoises, précédée d'une préface qui a été considérée comme un chefd'œuvre. Moreri nous apprend que c'était la traduction paraphrasée d'un écrit italien de l'abbé Fatinelli.

Que dirons-nous de l'homme, de son caractère et de ses vertus ? Force nous est, sur ce point, de nous en rapporter au jugement de ceux qui l'approchèrent : tels de Boze et Rolland- Malet, tel surtout l'abbé Massieu qui le fréquenta pendant vingt-cinq ans ^ dans les termes d'une intime amitié. Tous ceux qui après sa mort rendirent publiquement hommage aux vertus de l'homme, comme aux mérites de l'écrivain, s'accordèrent à louer les hautes qualités « qu'il portait dans le commerce du monde, et qui paraissaient au dehors » -. Tous célébrèrent à l'envi « cet amour du vrai, cette droiture, cette intégrité de mœurs, cette rigidité philosophique, qui faisaient proprement le fond de son caractère ^ », d'où Massieu concluait que Tourreil, joignant à ces rares vertus l'élévation de son génie et la force de son éloquence, (( réunissait en sa personne les vertus de Gaton et les talents de Démosthène ^ ».

Page 1