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de la poltronnerie '. » Tourreil était sans doute, comme dit de Boze, un zélé partisan de la vérité, puisque, s'il aimait à la dire, même en la dépouillant d'artifice, il la recherchait aussi à son. profit en consultant ses amis, dont il prisait l'expérience et les avis.
Il savait d'ailleurs bien choisir ses amis, et ceux-ci, dirait Massieu, « peuvent faire tant d'honneur à sa mémoire, que je croirais manquer à ce que je lui dois, si je ne mettais pas ici leurs noms » *. C'est pour nous une précieuse indication : ©lie nous aidera à comprendre la curieuse évolution qui s'est faite chez le traducteur de Démosthène. C'était Huet, l'ancien évêque d'Avranches, un vrai savant, qui aimait les anciens et qui, dans son De Interpretatione posa nettement les principes de la bonne traduction; c'étaient l'abbé de Louguerue, Jean Boivin l'helléniste, Louis de Sacy, traducteur de Pline le Jeune, Monsieur Subtil, un inconnu, dont le plus g-rand mérite est à nos yeux de se i^encontrer en aussi belle compagnie ; c'était surtout Boileau. Massieu nous dit « qu'il était lié d'une amitié particulière avec les trois derniers, qu'il consultait sur l'exactitude et sur l'élégance du style », tandis qu' « il avait recours aux trois premiers sur ce qui concernait les textes grecs ou les usages de l'antiquité " •'. Parmi les hommes du grand monde qu'il fréquentait le plus volontiers, nous citerons avec Massieu le chancelier de Pontchartrain, M. des Haguais, avocat général à la Cour des Aides, les maréchaux de Catinat et de Choiseul, M. de Trois ville, M. le marquis d'Ambre, et plus particulièrement M. Le Pelletier de Souzy, qui remplaça Colbert comme contrôleur général des finances et vécut ensuite dans la retraite : Tourreil avait coutume, paraît-il, de le définir par cette expression de Cicéron : homo limatissimi judicii ; et il lui appliquait ce que Velleius Paterculus avait dit