‹ Jacques de TourreilChapitre 49 sur 153 · Vaugelas, Qum<e-Curce (3" édition, 1659). Préface · texte numérisé non relu

Vaugelas, Qum<e-Curce (3" édition, 1659). Préface

2. Perrot d'Ablancourt, Oclavius de Minutins Félix (1637). Préface.

faites que pour plaire : car alors on ne peut souffrir le moindre défaut ; et pour peu qu'on manque de délicatesse, au lieu de divertir on ennuie. Je ne m'attache donc pas toujours aux paroles ni aux pensées de cet auteur ; et, demeurant dans son but, j'ag-ence les choses à notre air et à notre façon. Les divers temps veulent non seulement des paroles, mais des pensées différentes ; et les ambassadeurs ont coutume de s'habiller à la mode du pays où on les envoie, de peur d'être ridicules à ceux à qui ils tâchent de plaire. Gela n'est pas proprement de la traduction, mais cela vaut mieux que la traduction '. » Et voyez où le mène ce principe : Tacite parle quelque part de certains peuples qui se donnent un aspect terrible pour effrayer l'ennemi, et cela à juste titre, nam primum in acie vinciintur ociili ; d'Ablancourt de traduire : « car les yeux sont vaincus les premiers en guerre comme en amour ».

Plus tard, Charles Sorel, dans sa Bibliothèque française (1667), disserte longuement sur « les traductions et la manière de bien traduire ». Reconnaissons-lui d'abord le mérite de quelques idées relativement raisonnables : il dira par exemple en parlant des traducteurs qui sont trop flatteurs et trop complaisants pour les caprices du monde : « Ce serait un grand abus de vouloir toujours donner des noms nouveaux aux choses anciennes, comme aux dig'uités et à toutes les choses dont les hommes se sont servis, parce que si on le faisait universellement, on perdrait enfin la connaissance de toute sorte d'antiquités. » Il n'admet pas que les noms d'Ediles, de Préteurs, de Tribuns et de Proconsuls soient remplacés par ceux d'Intendants des bâtiments, de Prévosts, de Colonels et de Gouverneurs de provinces ; il réprouve la sottise d'un interprète qui expliquera la lyre des Anciens par un luth, et d'une légion fera un régiment. Il dit encore : « qu'on ne

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