‹ Jacques de TourreilChapitre 50 sur 153 · Perrot d'Ablancourt, Lucien (1654). Préface · texte numérisé non relu

Perrot d'Ablancourt, Lucien (1654). Préface

doit pas faire dire aux autheurs des choses auxquelles ils n'ont point pensé et les faire aller plus loin que leur intention... et que si les traducteurs se licencient de telle manière qu'ils fassent de continuelles amplifications, ce seront plutôt des paraphrases ou des imaginations que des traductions K n Voilà qui est bien ; mais il tombe, lui aussi, dans l'erreur commune, en déclarant que « c'est le privilège de la traduction de pouvoir être réitérée dans tous les siècles, pour refaire les livres selon la mode qui court ~ ». Enfin voici la ligne de conduite qu'il trace à qui veut « réussir en de tels ouvrages » : « Je dirai premièrement que pour parvenir à l'excellence des traductions, il faut garder un milieu judicieux ; c'est de ne se point trop attacher aux sens ni aux mots d'un auteur, et de ne s'en point trop écarter aussi, pour ce qu'en s'y attachant trop, on dit les choses sans grâce, et que s'en éloignant on fait tort à ce premier écrivain dont on prend le dessein sans suivre ses paroles ni même ses pensées, comme si on voulait substituer un autre ouvrage au sien 3. »

A peu près dans le même temps un sieur de l'Estang, dont le vrai nom est Gaspard de Tende, dans un traité de la traduction donnait des règles (( pour apprendre à traduire la langue latine en la langue française tirées de quelques-unes des meilleures traductions du temps ». « C'est en les suivant, dit-il, qu'on peut exprimer d'une manière noble et relevée un sens .qui étant tout simple serait trop bas et trop languissant, s'il était rendu dans toute sa simplicité. C'est par elles qu'on peut embellir une traduction, et rendre en quelque façon la copie plus belle que l'original... ^ »

Sur la fin du xvii'' siècle, Pierre Coustel, dans son Traité de r Éducation des enfants (1687) s'exprimait ainsi sur la même

1. Charles Sorel, Bibliothèque française : Les tradiiclions et la manière de bien traduire (1667), p. 234.

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