‹ Jacques de TourreilChapitre 52 sur 153 · Voir Goiijet, Bibliothèque française, t. I, p · texte numérisé non relu

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TRADUCTEUR DE DÉMOSTHÈiN'E 81

mêmes. C'est ainsi que les imitateurs de Perrot d'Ablancourt s'accordèrent toutes les licences. Le traducteur était-il choqué par une expression osée ou triviale, il la remplaçait par une autre qui ne blessait point sa délicatesse ; ceci lui semblait-il oiseux ou contraire au goût, il l'effaçait ; cela lui paraissaitil trop concis et peu clair, il le paraphrasait complaisamment. comme ce traducteur de Tacite, Harlay de Champvallon, qui n'avait pu « presser son discours comme celuy de l'autheur, parce qu'ayant eu à donner du jour à des lieux fort obscurs, il s'était trouvé obligé d'ouvrir toutes les fenêtres ' d. Ce qui d'ailleurs n'empêchait pas que le traducteur en ayant la prétention d'élucider un texte, ne réussît souvent qu'à le rendre moins clair. Guy-Patin dit quelque part : « Monsieur d'Ablancourt est un habile homme ; on le blâme pourtant de s'être donné trop de licence dans son Tacite. A dire vrai, je ne l'entends pas si bien que le latin -. » Les lois de la bienséance qui réglaient toutes les paroles et tous les actes d'une société polie, faisaient un devoir au traducteur de corriger ou même de retrancher du texte les grossièretés de moeurs ou de langage qui eussent porté atteinte au décorum. Ainsi La Valterie, un des bourreaux d'Homère, n'osant faire paraître Achille, Patrocle, Ulysse et Ajax dans la cuisine, et ayant à montrer Achille préparant un festin, réduisit à trois lignes les quinze

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