Voir Gougny, G. du Ua/r (1857), p. IS
2. Guy-Patïn, Paliniana. p. 76. — Voici, recueillis au hasard de la rencontre, quelques exemples des libertés que Perrot d'Ablancourt soctroyait habituellement Remarques placées à la suite de sa traduction de la Retraite des Dix-mille) : P. 446 : qui l'aimait passionnément : cecy est plus bas dans l'auleur ; mais comme il y estoit hors-d 'œu\ re et rompait le fil de la narration, je lay transporté en cet endroit. — P. 130 : comme un présagede leur victoire : j'ai ajousté ces mots qui semblaient naistre du raisonnement, et les Grecs remportèrent en effet la victoire. — P. 150 : maislre de sa garde-rohe : j'ay accommodé la chose à notre façon, car de dire teinturier de la pourpre royale, comme a fait le latin (il traduisait sans doute sur une version latine), cela eust été estrange, et principalement à la suite d'une armée, outre qu'il y a aparence quec'estoit un homme de condition. — P. 556 : il dresserait quelque embuscade à CCS coureurs : le grec ajouste : ou il les taillerait en pièces, ou bien les ferait prisonniers; mais toutes les embuscades se font à dessein, et il n'est pas besoin de l'exprimer.
G. Di H.\i.v. — Jacques de Tourreil. 6
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vers de la description homérique. Ce La Valterie est celui-là même qu'Egger accuse d'avoir, ainsi que M™*' Dacier, (( mutilé, estropié, défiguré ' » le sublime aède. Plus tard La Motte, qui s'entendra mieux que personne à énrionder les anciens, La Motte, un autre bourreau d'Homère, qu'il diminuera de moitié pour le rendre plus digne de sa réputation, se croira également obligé (( de substituer des idées qui plaisent aujourd'hui à d'autres idées qui plaisaient du temps d'Homère », et par exemple, « d'adoucir la préférence solennelle qu'Agamemnon fait de son esclave à son épouse 'n. D'ailleurs le pauvre Homère est de ceux qui eurent le plus à soutîrir des traducteurs : à qui mieux mieux ils le travestirent, faisant de lui, comme dit spirituellement H. Rigault « un bel esprit de ruelles, un grand seigneur de Versailles ou de Marlv -^ ». Perrot d'Ablancourt, qui donna l'exemple de la plus intrépide indépendance, fit plus encore : comme il lui répugnait, dans sa traduction de Lucien, de présenter en français le dialogue intitulé « Jugement des consonnes devant le tribunal des voyelles », il le remplaça par le « Dialogue des lettres de l'alphabet » écrit par son neveu Nicolas de Frémont d'Ablancourt. Est-il enfin rien de plus plaisant que de voir un traducteur de Cicéron, Guyot, qui, dans les lettres adressées à Titus Pomponius Atticus mettait en suscription : « Cicéron à Monsieur de Pomponne » 1 On se gênait si peu avec les anciens, qu'on pourrait appliquer à plus d'un traducteur du grand siècle le reproche que Courier adressera plus tard à Amyot : « Il ferait gagner à Pompée la bataille de Pharsale, si cela pouvait arrondir tant soit peu la phrase '*. » Perrault avait donc raison de dire, en parlant des auteurs grecs travestis en français :