Lettre de Maucruix à Boileau, 23 mai
Le premier mérite de Maucroix est de ne pas tomber dans la paraphrase ; mais il ne s'impose pas non plus une méthode sévère et rigoureuse : il ne sait pas être littéral ; il s'attache à la pensée, non à la lettre ; encore ne cherche-t-il le plus souvent à voir la pensée que dans l'ensemble, et non dans le détail. A tout instant il omet un ou plusieurs termes, persuadé qu'il n'enlève rien à la teneur du discours ; d'autres fois il ajoute au texte et va plus loin que lui dans l'expression de la pensée qu'il veut rendre très précise et très claire ; ou bien encore il lui prête une forme autre que celle que l'auteur lui a donnée ; enfin, faute de se rappeler que le mouvement du stvle est un des traits essentiels de son caractère, il n'attrape pas ce tour de phrase, ce mouvement démosthénique cjui emporte l'auditoire par sa rapidité, qui l'étonné par sa brusquerie, qui le confond par sa foudroyante impétuosité. Enfin la langue du traducteur, de forme assez académique, un peu molle et languissante, n'est qu'un écho très affaibli de cette puissante éloquence de l'orateur athénien '. Au dire de Stié-
1. ridx'o'Jv, (i) avôp=; 'AOTr,vaïo'., 7:o9' aypïj T:pâÇ£T£ ; âzc'.oàv tî ysvriTxt ; è::£'.oàv vr) A; 'àvâyy.Yj xi; r^. Nu y oï xi ypT) xà yiyvojj.£v 'rjyîïaOai ; èyw [j.èv yàp oioo-ai xoi; iXs-jôîpo'.; asytaxï]v avdy/.riv xr,v O^îp xioy 7:payji.âx'ov atayuvriv zlvxi. "H jîo'JXeaÔ', €Î;:£ [i.oi, "spiidvxc; a-jxwv TijvOâvcaÔai" « Xiyexai xt x.aivdv ; »
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Quanti vous rcvcillerez-vous donc, Messieurs? Sera-ce quand vous serez tombez en quelque infortune ?
Quand la nécessité vous pressera ? Mais je ne sçay pas de plus pressante nécessité, que la honte, potir animer des g'ens libres à leur devoir. Voulezvous passer toute votre vie à demander des nouvelles ? Y a-t-il rien de plus nouveau que de voir un homme de Macédoine assujettir les Athéniens et se rendre l'Arbitre de toute la Grèce ? L'un dira, Philippe est mort ; l'autre, non ; mais il est danj^ereusement malade. Que vous importe, quand la mort \ous aurait délivrés de celuy-ci ? Si vous ne changez, vous en aurez bientôt fait un autre par votre mauvaise conduite; car il est bien plus redevable de son ajjrrandissement à votre nég'ligence qu'à sa valeur. Que si la fortune, qui a toujours pris plus de soin de vos afl'aires que vous-mêmes, voulait consommer ses
venart, cette traduction du tendre abbé, revue par Boileau, reparut sous un autre titre en 1712, mais n'en devint pas plus fidèle.
TOJx' i^îoyotcîa'.TO, ïaH' ox'. jtXriaiov a'sv bienfaits, et vous enlever ce tlangeà'vTc;, iLnv^ iv'Tot; Tzoâyaacri ista- rcu^ cnnemy ; dans la confusion où ' ^ ' , ■' , r^^/a^^fi- les choses se trouvcroienl vous pour- !, '' , ■, , ^, ^ ., ,^, ^ s- , nez vous rendre les maîtres de tout.
oior/.r,aa.a6c, oj; Oc v.v £/£ts, o'.oê oiSov- ^^^^.^ ^^^^^ l'irrésolution et la faiblesse TOiv Twv /.atpwv A[xcp[-oAtv OEçaafJai ^.^ ^,^j^,g ^^^^ maintenant, si les villes ojvxtJÔ'av, à7:r,pTr(;j.ivoi /cai Taï; za- ^^^ jettoient d'elles-mêmes entre vos paaxcjaïç zaî Taï; yvoiii-at;. bras, vous n'auriez pas la force de les
(Première Philip., 10, 11,12.) recevoir.
(Traduction des quatre Philippiques de Démosthèue, d'une des V^errines de Gicéron, avec l'Eutiphron, rilippias et l'Euthydemus de Platon, des sieurs de Maucroix et de La Fontaine, 1685, t. 1.)