‹ Jacques de TourreilChapitre 60 sur 153 · Quintilien, De Insdlulione oraluria, X · texte numérisé non relu

Quintilien, De Insdlulione oraluria, X

ait affronté l'œuvre de Démosthène ; et il est à noter que nombre de jurisconsultes, d'avocats et d'orateurs, se sont faits traducteurs : il suffît de nommer, à propos de Démosthène seulement, Du Vair, Tourreil, Plougoulm et Dareste. De même Olivier Patru devait se recommander à l'estime de ses contemporains autant par la traduction qu'il fît d'un discours de Cicéron que par ses harangues du barreau ; et c'est peutêtre bien à ce culte sincère pour Cicéron qu'il fréquenta long^temps, conime Tourreil Démosthène, qu'il dut en partie de s'être élevé au-dessus des avocats de son temps.

Ainsi Tourreil ne pouvait s'exercer mieux à l'éloquence qu'en se mettant dans une. sorte d'accoutumance avec le g"énie de Démosthène. Il n'est pas impossible d'autre part qu'il ait été guidé dans son choix par la nature même de son caractère, et nous ne refusons pas d'admettre dans une certaine mesure ce que déclare Massieu à cet égard. (( La principale cause du penchant qui l'entraînait vers la lecture de Démosthène, était en lui-même sans qu'il le sût. Il n'y a point d'ouvrages qui nous plaisent tant, que ceux où nous nous retrouvons sans cesse, et (|ui nous retracent à tous moments nos propres dispositions. Un jeune homme naturellement chagrin et misanthrope, d'un tempérament bouillant et impétueux, ami du vrai jusqu'à l'excès, ennemi du faux à proportion, et toujours prêt à tomber de toute sa force sur le AÎce et sur le ridicule, devait trouver de grands charmes dans un orateur, qui possède ces mêmes qualités au plus haut degrés » Malet, dans son discours de réception à l'Académie française, parle ainsi de cette ressemblance morale entre l'orateur antique et son illustre interprète : « M. de Tourreil, trouvant dans Démosthène la force, la fécondité, la véhémence, en un mot tous les caractères du sublime, et frappé par la conformité qui était entre eux, en fît son favori d'étude ~. » Croyons donc sans diffî-

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