Tuurreil (1721), t. II, p
tendu », et qu'au contraire « Plutarque, Diodore de Sicile, Thucydide et principalement Aristophane, dans la comédie intitulée Les Chevaliers, nous représentent un Cléon pétulant, audacieux, perturbateur du repos public, et, pour tout dire, tel qu'Eschine dépeint Cléophon * ». Cette fois son érudition est en défaut ; et s'il avait su que le nom du démagogue Cléophon se retrouve dans la Rhétorique d'Aristote '^ et dans les Grenouilles de ce même Aristophane'^, dont il invoque l'autorité, il ne se serait pas exposé à supprimer deux lettres de son texte, et il n'aurait pas ingénieusement, mais faussement, substitué Cléon à Cléophon que donnent tous les manuscrits ; ajoutons qu'Eschine citait déjà dans le « napaTipsaês'.aç » le nom de ce personnag-e, qui après la défaite des Athéniens en Sicile, alors que les Lacédémoniens offraient la paix à des conditions désavantag^euses pour Athènes, menaça de tuer quiconque parlerait de la paix. Mais voici, entre plusieurs, un cas où le bon sens seul dicte au traducteur la leçon la plus juste (tome II, p. 540) : « Et par égale portion entre eux ils contribueront aux frais de cet armement. Il y a dans l'édition de Wolfius et presque dans toutes les autres, et:! ïasv -?) yo^r^^iy. ypd)[j.evo'j. La simple lecture du texte fait voir qu'il faut lire ypMlj.ivzjç. Car ce mot se rapporte à tsùç Tp',Y;pâp/ou; qui précède. »
Ce n'est pas tout : pour arriver à une exacte interprétation de son auteur, Tourreil eut encore recours aux traductions latines ou françaises de Lambin, de Perionius, d'Aretin, de Wolf et de Du Vair, dont il reconnaissait de bonne foi les mérites et les défauts.
Et voilà comment, du moins dans ses derniers travaux, il se préparait à la traduction de son modèle.
Un dernier fait est à mentionner, qui prouve que le traduc-