Aristophane, Grenouilles
leur ne s'en laisse pas imposer par les plus hautes autorités des temps modernes, et qu'il ne suit pas Wolf, par exemple, comme un g-uide impeccable : il modifia l'ordre dans lequel on avait jusqu'alors présenté les Philippiques et les Olynthiennes. II dit dans le sommaire de la Première Philippique : « Quand pour la chronologie je place la Première Philippique avant les 0^î//i^/iiennes, je m'éloigne de l'opinion commune, sans vouloir nullement me sing-ulariser. Je quitte le chemin battu, mais je ne le quitte qu'avec de bons g'uides : je veux dire Denys d'Halicarnasse et Diodore de Sicile ' ». L'édition Wolf, en efFet et les autres rangeaient la Première Philippique à la suite des trois Olynthiennes. La rectification faite par Tourreil a généralement prévalu : il l'appuie d'ailleurs sur de fortes raisons qu'il tire de la harangue même (voir tome II, p. 259 et 260). Mais la chronologie des trois 0/^n//i/enne.s, malgré l'autorité de Denvs et de Diodore, a soulevé, même après Tourreil, bien des controverses. Le tableau comparatif suivant nous renseigne à cet égard :
TOURREIL GROTE WEIL
l''' Oiynth À ire Olynth B 1>^<= Olynth C
La trop grande déférence de Tourreil pour une autorité ancienne a nui une fois de plus à son sens critique, car il ne lui est pas venu à l'esprit qu on pût remplacer la Qua- Irième Philippique par le Discours sur la Chersonèse : nous devons à M. Weil cette innovation hardie et judicieuse. L'authenticité de cette Quatrième Philippique est, en effet, plus que discutable, et cette harangue ne fait que reproduire presque textuellement une grande partie du Discours sur la Chersonèse qui passe avec raison pour un des plus beaux discours de Démosthène. Tourreil cependant a senti le besoin de