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modément le développement très complet de la pensée, capables enfin de soutenir la censure des jeux, qui est bien plus sévère et plus exacte que celle des oreilles. Tourreil cherchera donc comment il pourra « rendre à des discours inanimés une partie de leur âme, et rallumer des foudres à demi éteintes ; remplacer Faction, et quelle action ' ! » Ecoutons-le exposer, dans le même sens que la première fois, mais avec plus d'ampleur et plus de précision, ce qui lui paraît être la bonne et vraie méthode : « Etendre des pensées nobles et sublimes, sans les avilir ni les énerver ; ne pas ôter à la force en faveur de la clarté ; donner précisément à l'intelligence du texte ce qu'elle demande sur certains faits obscurs ou désignés par de fines allusions ; dissiper des ombres et n'en point jeter de nouvelles ; ménager la lumière et n'y point mêler de faux jour; aider la pénétration du lecteur, et ne point laisser voir que l'on s'en défie ; soulager sa paresse, et ne point blesser sa présomption ; ne perdre jamais de vue les tours de l'original, et savoir pourtant s'en détacher ; copier fidèlement, sans paraître copiste ; et dans la plus grande sujétion attraper les traits de l'imagination la plus libre ; par-dessus cela concilier le génie de mon auteur avec celui de ma nation et de ma langue ; en un mot essayer de satisfaire des gens qui pensent fort dilféremmentet qui ne s'accordent la plupart que sur l'envie de blâmer -. » Ce sont là des subtilités sur lesquelles nous n'irons pas avec lui, comme dirait Bossuet, nous alambiquer la cervelle. Quelle phraséologie ne trouve-t-il pas encore pour gagner le lecteur à sa cause ? « On voit certains génies sages et timides, qui demeurent comme emprisonnés dans une obscure exactitude. S'ils marchent, ce n'est que dans les chemins battus. Quelques-uns n'évitent la chute ([u'à force de de ramper, et n'ont d'ordinaire que le triste défaut de n'en point avoir. Les génies plus heureux, ou du moins plus hardis,